Bonus : Fielding’s fa-la-la (Pour une branche de gui)
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Bonus : Fielding’s fa-la-la (Pour une branche de gui)

 

EASTON Eli - Blame It On The Mistletoe - bonus

« Cette histoire reprend les personnages principaux de ma nouvelle de Noël 2013, Pour une branche de gui. Elle se déroule pendant le deuxième Noël de Fielding et Mick en tant que couple, juste avant l’épilogue de Pour une branche de gui. Elle a été écrite pour le défi de RJ Scott de poster une histoire de Noël. »

Fielding’s fa-la-la

Par Eli Easton

Le matin du 2 décembre, Mick se dirigea vers la cuisine de la petite maison qu’il partageait avec Fielding, près du campus de Cornell. Il était en plein milieu d’un large bâillement, accompagné d’un étirement, quand il remarqua la carte posée sur la table. Elle ressemblait à ça :

euclidian

Mick eut un petit ricanement de dédain, ramassa la carte, et la retourna. Rien d’autre n’était marqué dessus. Ça venait probablement du département de physique de Fielding, mais c’était quand même étrange, pour un devoir.

Il prépara deux tasses de thé vert, coinça la carte sous son bras, et retourna dans la chambre. Il déposa les tasses sur la table de nuit et s’assit sur le lit.

— Allez, chaton ! C’est l’heure de se lever.

Fielding, allongé sur le ventre, aussi vif qu’une très grande poupée de chiffon aux cheveux noirs et aux membres anguleux, grommela « ok » sans même ouvrir les yeux – signe qu’il était à deux doigts de se rendormir.

— Hé, j’ai trouvé une carte sur la table de la cuisine. C’est quoi ? demanda Mick en attrapant la feuille et en la retournant de nouveau – il n’y avait toujours rien d’écrit de l’autre côté.

Fielding se redressa brusquement. Son regard passa en un instant de « perdu au pays des rêves » à « pleinement alerte ».

— Oh. C’est moi qui l’ai mise là.

— Ah bon, vraiment ? ricana Mick. C’est pas les elfes de maison ? Ou un cambrioleur dont le délire est de laisser derrière lui d’énigmatiques messages mathématiques ?

Fielding leva les yeux au ciel, mais un sourire se dessina sur ses lèvres. Il attrapa sa tasse de thé et but une gorgée.

— C’est pour toi.

— Ah ?

— On est le 2 décembre. L’an dernier, à cette date, je t’ai demandé de m’embrasser. La suite, comme on dit, c’est de l’histoire ancienne.

Mick sourit, sincèrement cette fois.

— C’était il y a un an, n’est-ce pas ?

— Oui, répondit sérieusement Fielding.

— Ok, et c’est supposé être quoi, alors ? demanda Mick en levant la carte au niveau de ses yeux.

— C’est la formule du triangle euclidien.

— Sous une branche de gui, commenta Mick en pinçant les lèvres. C’est… mignon. Merci.

Fielding soupira.

— La carte n’est que le début d’une série de preuves. Ça s’améliore, ensuite. Et puis, ce n’est pas ton vrai cadeau de Noël. Celui-là, tu l’auras à Noël. Ceci ne sert qu’à préparer le terrain. C’est un genre de calendrier de l’avent euclidien.

Mick soupira et lança un regard attendri à son petit ami. Fielding était probablement la seule personne au monde à penser que la géométrie euclidienne était… romantique ? Amusante ? Mais, encore une fois, connaissant le côté coquin de Fielding, ça pouvait devenir intéressant.

— Une série de preuves, hein ? Est-ce que ça implique toi et moi, nus, à un moment donné ? demanda Mick avec espoir en haussant explicitement les sourcils.

— Si je te le disais, ce ne serait pas une surprise, rétorqua Fielding dans sa voix rauque matinale. Prépare-toi au pire, Mick. Prépare-toi.

Avec un dernier regard sibyllin, Fielding sortit du lit et se dirigea vers la douche.

 

euclidian

***

Preuve #1

Ce weekend-là, Mick ne travaillait pas le vendredi soir. Il attendait avec impatience cette soirée à flemmarder à la maison avec Fielding – sans avoir à étudier, juste pouvoir s’affaler sur le canapé. Mais quand il arriva chez lui, Fielding l’attendait à la porte avec son manteau.

— Habille-toi pour sortir. Mettre des sous-vêtements thermiques sera appréciable, mais tu auras besoin de flexibilité, alors ne t’emmitoufle pas trop.

— Pour ?

— La preuve numéro une. Tu verras, sourit Fielding.

Mick était partant. Après tout, Fielding avait dans les yeux cette étincelle qui lui promettait qu’il allait s’amuser ou, au moins, que quelque chose d’intéressant et d’inattendu allait se produire. Chaque jour avec Fielding était intéressant et inattendu, mais quand il faisait un effort, ça devenait vraiment exceptionnel.

Mick se changea et suivit Fielding dans la rue qui descendait vers le campus. Leurs doigts gantés s’entremêlèrent, tels des serpents duveteux.

— On va où ? demanda Mick.

— Tu verras.

Leur destination se révéla être la patinoire de Cornell. Fielding paya leurs tickets.

— Je sais pas vraiment patiner, dit Mick en se demandant d’où venait cette idée.

— C’est la raison pour laquelle nous sommes ici, répondit Fielding en les guidant vers le comptoir des patins.

— Ok. En fait, cette preuve-ci consiste à compter combien de fois je me retrouve les fesses par terre ? sourit Mick – en dépit de ses protestations, il était toujours partant pour une activité sportive.

— Non.

Ils récupérèrent leurs patins et s’assirent sur un banc pour les enfiler.

— La preuve numéro un, le premier côté du triangle euclidien, est l’amitié, expliqua Fielding avec beaucoup de sérieux. Comment prouver l’amitié ? J’ai réfléchi et j’en suis venu à la conclusion qu’une des caractéristiques principales de notre amitié était que l’un apprenne quelque chose à l’autre. C’est du partage de compétences. Une envie d’élever l’autre au même niveau que soi. C’est l’inverse de l’opposé de l’amitié, qui est la compétition et la jalousie, et s’approprier les talents de l’autre pour prendre le dessus.

— Je vois la logique, concéda Mick en réprimant un sourire.

Fielding était tellement adorable.

— Patiner est une compétence que je possède, puisque mon Pater m’emmenait au centre Rockfeller. C’est donc, subséquemment, une compétence que je peux te transmettre.

— Il n’y a pas de sexe, alors, dans toute cette histoire ? se plaignit Mick, pour la forme. J’espérais que cette preuve serait de nature hautement sexuelle.

Il posa un regard insistant sur les lèvres de Fielding et laissa la tension monter. Mick connaissait son petit-ami – ce regard garantissait à 200% que Fielding s’enflammerait dans l’instant, et Mick n’osait d’habitude utiliser cette arme que lorsqu’il était prêt à aller au lit immédiatement. Parce que, une fois que le cerveau de Fielding était braqué sur « sexe », il ne se débloquait pas avant qu’ils ne soient tous les deux à bout de souffle et à vide de carburant.

Ce qui n’était, évidemment, pas possible dans une patinoire. Mais Fielding méritait cette petite vengeance. Parce que.

Fielding prit une courte inspiration et saisit l’avant-bras de Mick.

— Arrête. On n’anticipe pas les autres preuves. C’est la preuve numéro un. L’amitié.

— Oh, il y a donc du sexe de prévu quelque part ? le taquina Mick avec un clin d’œil, passant sa langue sur ses lèvres.

Fielding lui lança un regard noir.

— Je n’ai jamais essayé de faire du patin en ayant une érection, mais je ne pense pas que ce soit une expérience très plaisante.

Mick ricana et céda.

— Ok, cher ami. Je comprends. Je saurai me contenir. Mais seulement si tu me promets ta bouche sur mon sexe en rentrant.

Fielding plissa les yeux.

— Ma main, offrit-il à la place.

— Comme si tu pouvais avoir ta main sur mon pénis sans qu’il finisse dans ta bouche, ricana Mick.

Fielding sembla prendre ça comme un défi.

— Juste parce que c’est mon modus operandi habituel ne veut pas dire que je suis incapable de m’en sortir seulement avec mes mains. Je t’ai dit, on ne prend pas d’avance sur les preuves. Ma main. C’est ma dernière offre. Dis oui.

Mick rit et embrassa Fielding bouche fermée, mais avec enthousiasme.

— Ok. J’ai hâte de te voir te battre contre toi-même et ta fixette sur les pratiques orales tout à l’heure. Maintenant, apprends-moi à patiner.

Et c’est ce qu’il fit. Fielding était élégant sur la glace, stable et agile. Il donnait l’impression que c’était tellement facile. Il était un pilier auquel Mick pouvait se raccrocher lorsqu’il le guidait autour de la piste. Au début, Mick s’agrippa à lui comme s’il craignait pour sa vie. Et puis il finit par se dire que ça n’avait pas l’air si compliqué et, après tout, il était plutôt sportif. Il voulait essayer tout seul, avoir l’air cool. Alors il le lâcha et commença à avancer avec plus de confiance. Et il tomba. Plusieurs fois.

— Putain, cette glace est dure ! rit-il après une chute particulièrement douloureuse.

— Il existe une échelle de dureté Vickers pour la glace, mais elle dépend assez fortement de la température, intervint Fielding.

— Mes fesses te remercient de cette information.

— Tes fesses s’en sortiraient peut-être mieux si tu n’étais pas aussi casse-cou. Vas-y doucement, et utilise les freins à l’avant du patin, le conseilla Fielding en l’aidant à se relever. Et, tu sais, il n’y a pas de honte à me tenir la main.

— C’est vrai, répondit Mick une fois sur ses pieds – ou ses lames, plutôt.

Tenant les deux mains de Fielding dans les siennes, il se pencha en avant pour l’embrasser du bout des lèvres.

— Il n’y a aucune honte à te tenir la main, mon cœur, ajouta-t-il.

Fielding sourit timidement.

— Bon. Retournons-y.

Mick garda donc la main de Fielding dans la sienne et, en effet, c’était bien mieux ainsi.

Quand ils rentrèrent chez eux, Fielding avait apparemment réfléchi à sa proposition, puisque ses doigts plongèrent dans le caleçon de Mick avant même qu’il n’ait enlevé son manteau.

— Eh, ta main est gelée ! glapit Mick en se dégageant.

— Oh. Désolé.

Fielding eut un instant l’air dépité, puis son regard s’éclaira.

— De l’eau chaude ! s’exclama-t-il avant de courir dans la salle de bain, où Mick l’entendit ouvrir le robinet du lavabo.

Secouant la tête en riant, il alla enfiler son pantalon de pyjama en flanelle. Il avait bien l’intention d’en profiter. À fond.

Mick était sur le canapé, ses bras étendus sur le dossier, son pyjama ouvert sur son entrejambe, lorsque Fielding pénétra dans la pièce. Celui-ci essuyait ses mains sur une serviette, et une bouteille était coincée sous son bras.

— De la lotion pour les mains, pas du lubrifiant ? s’étonna Mick.

— Je ne suis pas censé poser ma bouche sur toi, répondit Fielding. Notre lubrifiant est comestible. Je n’aime pas le goût de cette lotion.

— Tu mets toutes les chances de ton côté. Je vois.

— Oui, c’est bien pour ça que je suis un génie, rétorqua Fielding, facétieux.

Mick avait déjà une semi-érection rien qu’à l’idée de ce qui allait se passer, et le désir dans le regard de Fielding fit pulser son sang encore plus fort dans ses veines. Fielding lui demanda de se redresser et se glissa derrière lui sur le canapé. Mick se retrouva entre ses jambes écartées. Fielding baissa avec délicatesse le pantalon de pyjama de Mick pour exposer sa virilité, laissa échapper un grognement de désir face à cette vue, et étala de la lotion sur ses mains.

— Je me suis dit que, si je devais te donner un orgasme en me servant uniquement de mes mains, cette position serait idéale. Je peux te toucher comme je me toucherais moi.

— Et aussi, comme c’est pratique, tu ne peux pas approcher ta bouche de mon sexe.

— C’est un bonus.

Mick haleta alors que les mains chaudes et glissantes de Fielding s’enroulèrent chacune leur tour autour de sa verge, la tiraillant avec délicatesse et étalant la lotion sur toute sa longueur.

— Putain. Bien joué, les mains chaudes.

— Hmmm.

Cette onomatopée était le signe que Fielding devenait silencieux – ce qui était le cas quand il était excité. Quand il était totalement parti, sa conversation se limitait à des gros mots impromptus, au nom de Mick, et à des gémissements. Mick adorait le voir atteindre cet état.

— C’est tellement bon, gémit Mick.

Il était totalement dur maintenant que Fielding le caressait, fermement mais lentement. Ses longs doigts, qui dansaient sur un clavier d’ordinateur toute la journée, possédaient beaucoup de dextérité.

— Ah, acquiesça Fielding.

— Tu vas pas avoir de problème à atteindre ton but, dit calmement Mick, dans une brève inspiration, se concentrant pour que ça dure.

Aucun problème.

— Hmmm, marmonna Fielding contre son oreille. Mais t’as raison. Je la veux dans ma bouche. C’est horrible.

— Oh mon dieu, gémit Mick, ses hanches poussant contre la main de Fielding sans qu’il ne puisse les contrôler.

Fielding augmenta la pression et la vitesse. C’était incroyable.

— Je peux pas toucher ton pénis, ni même le voir, sans le vouloir dans ma bouche. En entier.

Apparemment, la stimulation verbale faisait partie de la stratégie de Fielding. L’effet était monstre.

— Oh mon dieu, geignit Mick.

Son copain avait une fixation orale. Mick n’avait jamais été avec une fille qui aimait pratiquer la fellation autant que Fielding. Et c’était… c’était putain de génial. Mick adorait ça. Rien que d’y penser…

Fielding saisit les bourses de Mick avec une main, tout en le masturbant rapidement de l’autre. Il glissa sa langue dans l’oreille de Mick.

— Putain ! s’écria Mick alors que son orgasme l’atteignait à une vitesse embarrassante – mais c’était trop agréable pour le regretter.

— Tra-la-la, le taquina Fielding en l’embrassant derrière l’oreille.

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***

Preuve #2

Un dimanche après-midi, Mick revint de son boulot à la salle de sport, fatigué et affamé. Il salivait à l’idée du saumon qu’il voulait cuisiner pour le dîner – mariné au citron confit, comme l’aimait Fielding – quand il se rendit compte qu’une voiture était garée sur le trottoir devant chez eux.

Eh merde. C’était la mère de Fielding.

— Bonjour, Sandra ! la salua Mick avec tout l’enthousiasme qu’il pouvait feindre. Je ne savais pas que vous deviez venir.

— Oh, j’ai eu envie de quitter la ville, et je voulais aller faire un tour chez cet antiquaire que j’adore. Celui dans le centre, tu sais ? Donc j’ai sauté dans la voiture ce matin, et je suis venue. Je me suis dit que nous pourrions déjeuner ensemble – même si c’est un peu tard – avant que je ne reparte.

— Oh, super.

Mick déposa un rapide baiser sur la joue de Sandra. Ils avaient une relation… intéressante. Même si Mme Monroe n’était pas très emballée au sujet de Mick, qui avait « perverti » son bébé (ahah !), Fielding et son père, Lex, l’avaient, à force de discussions, convaincue de se montrer cordiale. Maintenant, quand elle appelait, elle passait beaucoup de temps à demander à Mick comment allait Fielding, puisque celui-ci ne lui disait jamais rien, et lui donnait des conseils pour « être sûr que Fielding ait tout ce qu’il lui fallait ».

Sandra était en train d’expliquer à Mick qu’elle avait vu ce banc a-do-rable chez l’antiquaire quand il ouvrit la porte, l’invitant à entrer.

— TA-DA ! s’exclama Fielding, bondissant dans le salon depuis le couloir.

Il était… doux Jésus, il était complètement nu, si ce n’était une espèce de père Noël rouge et blanc en tricot – apparemment, ils en faisaient de la taille d’un pénis et de testicules, qui l’aurait cru ? – qui ornait son sexe extrêmement érigé.

Mme Monroe poussa un cri, marmonna quelques mots sans voyelles, tourna les talons et sortit en claquant la porte.

— Qu’est-ce qu’elle faisait là ? demanda Fielding d’un air déçu.

Enfin, du moins, Mick pensait que son ton était déçu, mais il ne pouvait pas en être sûr puisqu’il avait recouvert son visage de ses mains.

— Oh mon dieu, parvint-il à dire.

— Tu es en train de rire ? demanda Fielding, plein d’espoir.

— Je sais pas trop.

Mick avait la sensation que son cœur était remonté en haut de son crâne, et il avait quelque chose de coincé dans la gorge mais ne savait pas trop si c’était un cri ou un éclat de rire.

— Ne t’inquiète pas pour ma mère. Elle a vu pire.

Oh, vraiment ? Mick baissa ses mains et détailla Fielding. Il était naturellement élancé et possédait un corps agréable à regarder, en toute honnêteté, même s’il était un peu pâle. Le père Noël en laine, par contre… Fielding était toujours, assez étonnamment, en érection, et le bonnet rouge se trouvait juste à la bonne place. La partie qui entourait les testicules était noire, comme les bottes du père Noël.

— Oh mon dieu, dit Mick avant de laisser échapper un rire nerveux. Comme quoi ? Qu’est-ce que ta mère a pu voir de pire que ça ?

Fielding agita une main désinvolte pour chasser cette remarque, faisant s’agiter le mini père Noël, comme s’il approuvait.

— Oh, comme cette fois où j’avais arraché de longues bandes du papier peint de ma chambre pour un poster pour l’école. Il avait des lignes rouges, et j’en avais besoin pour un graphique.

— Euh, Fielding ? Ce n’est pas pire. Tu étais nu, et en érection. Devant ta mère.

— Je ne suis pas nu ! démentit Fielding en baissant les yeux. On ne voit rien.

— La seule chose qu’on ne voit pas, c’est la couleur de ton sexe, et c’est parce que tu as un père Noël en laine dessus. Crois-moi, c’est pire que nu.

Fielding y réfléchit en l’observant. Il fit un petit saut, pour tester, qui eut pour résultat des rotations du tricot.

— Hm. Peut-être que c’est le pire.

Ça n’avait pas l’air de particulièrement le perturber.

— Enfin, elle est partie, maintenant, ajouta-t-il. On peut réessayer ? Sors et re-rentre ! gloussa-t-il.

Mick jeta un coup d’œil par la fenêtre. En effet, la voiture de Mme Monroe n’était plus là. Au revoir, maman ! Il se tourna pour faire face au sourire avide de son petit ami et sourit.

— C’est une autre de tes preuves euclidiennes ?

— Oui. C’est celle que tu attendais. Alors fais-le ! Sors et reviens !

En dépit du tue-l’amour qu’était la mère de Fielding, le corps de Mick commençait à se montrer intéressé. Il rit.

— C’est sûr, tu sais rendre les choses inoubliables.

Ne pouvant s’arrêter de rire, il ressortit et ferma la porte.

Il lui fallut plusieurs minutes de profondes inspirations sur le pas de la porte pour étouffer son rire et cette persistante sensation d’embarras. Mais il fut finalement prêt à repartir de zéro.

Il ouvrit bruyamment la porte et cria :

— Fielding ! Je suis rentré !

— TA-DA !

Fielding émergea du couloir en un saut, tout son corps le saluant.

— Oh mon dieu, c’est si sexy ! s’exclama Mick. Quelle surprise !

Avec un grognement, il referma la porte d’entrée, se débarrassa de son manteau et attrapa Fielding par la taille, le soulevant pour le faire tourner.

— Exactement ce dont j’ai toujours rêvé ! ajouta-t-il.

— Du sexe ! compléta Fielding avec enthousiasme. Le deuxième côté du triangle euclidien, c’est le sexe ! Beaucoup de sexe. J’espère que tu en as envie.

— Tellement, acquiesça Mick.

Et si ce n’était pas exactement le cas à cet instant, ce le fut bientôt, quand Fielding l’embrassa avec passion. Fielding Monroe était la personne qui embrassait le mieux de tout le campus, ça ne faisait aucun doute pour Mick.

Mick plaça ses mains sur les fesses nues de Fielding et serra. Apparemment, Fielding avait pris à cœur cette histoire de mains froides, puisque sa peau avait l’air de tout juste sortir de la douche, chaude et légèrement humide à cause de l’eau et du gel douche. Miam.

Mick interrompit le baiser pour passer sa langue dans le cou de Fielding.

— Tu me fais penser à un grog de Noël. Comestible.

— Les grands esprits se rencontrent.

Fielding se tortilla pour se dégager et tira Mick jusqu’à la chambre.

 Et voilà[1] ! fanfaronna-t-il.

S’il y avait une scène qui méritait un « et voilà », c’était bien celle-là. Mick resta la bouche entrouverte, abasourdi. Il y avait des bougies tout autour de la chambre, et le lit n’était recouvert que d’un drap et des épaisses serviettes beiges que le Pater leur avait offertes. À côté se trouvait un plateau garni de serviettes de table blanches et d’ustensiles rangés avec autant de rigueur que des instruments chirurgicaux. Il y avait un tube de chantilly, de la sauce au chocolat, du lubrifiant, un bol de cerises fraîches, et bien d’autres délices.

— Tu as prévu du sexe ou un pique-nique ? le taquina Mick.

— Un pique-nique sexuel. Ou un festin, plutôt. Tu vois, pendant que je planifiais mes preuves, ça a été difficile de trouver des activités sexuelles que nous n’avions jamais testées. Mais, jusqu’ici, nous n’avons jamais joué avec de la nourriture.

— C’est vrai.

— Alors… il est temps de porter nos explorations orales à un nouveau niveau orgasmique. D’où ceci.

Fielding tira sur un fil entre ses jambes et enleva le père Noël en laine.

— Oh putain ! s’exclama Mick.

Pas étonnant que Fielding ait eu l’air si nu. Il s’était rasé. Partout.

— Et puis, je suis propre, donc tu peux me manger.

Il fit une pause, accentuant son effet dramatique en haussant les sourcils, et ajouta :

 Partout.

Pendant un instant, Mick se dit qu’il devrait lui aussi aller prendre une douche. Mais il s’était déjà lavé ce matin, et n’avait pas fait quoi que ce soit qui l’ait fait transpirer depuis. Et puis, Fielding était juste là, la peau encore chaude, et entièrement nu, ce qui faisait que n’importe quelle pensée n’impliquant pas de se jeter sur lui dans la seconde n’avait aucune chance de survie.

Mick jeta Fielding sur le lit et retira ses propres vêtements le plus vite possible.

— Je t’offrirais bien de me raser pour toi un de ces jours, dit-il, mais il paraît que c’est une horreur quand ça repousse.

Il s’installa entre les jambes de Fielding. Les doigts de son amant parcouraient son propre corps, l’effleurant à peine, et ça rendait Mick fou.

— Ça vaut le coup. Enfin… tu aimes ?

Fielding avait l’air un peu inquiet. Mick n’aurait jamais pensé qu’il préférerait son entrejambe douce comme une peau de bébé, mais avec de la chantilly dans la pièce, la réponse semblait évidente.

— Putain, oui.

Et il montra à Fielding à quel point. La sauce au chocolat était collante, ce qui procura des sensations de friction inhabituelles au donneur et au receveur. La chantilly faisait de jolis dessins, mais fondait rapidement. Mick comprit vite que moins voulait dire plus : une petite touche sur les bourses tendres et rougissantes de Fielding et il pouvait jouer avec de longues minutes avant d’en redemander.

Fielding se tortillait de plaisir, silencieux et haletant. Mick aspirait, léchait ses bourses et son périnée, ne le prenant en bouche que lorsque Fielding le désirait vraiment. Bientôt, la peau de Fielding était si sensible qu’il tremblait à chaque toucher de la langue de Mick.

— J’ai besoin… uh… j’ai besoin d’être en toi ! se plaignit Fielding en se redressant et en tirant faiblement sur les bras de Mick pour le déloger.

— J’y travaille, répondit Mick avec fermeté, comme si une serveuse essayait de lui reprendre son assiette.

— Mais c’est ma preuve ! Je devrais… !

Mick adorait quand le discours de Fielding devenait décousu.

— C’est toi qui est venu habillé en buffet à volonté. Tu dois en payer les conséquences, chaton.

— Urgh, soupira Fielding.

Mick remonta ses cuisses contre son torse, découvrant à quel point il était propre partout. Les cerises fraîches apportèrent une touche sympathique.

Fielding éjacula lorsque Mick ajouta des doigts glissant négligemment sur sa verge aux explorations souterraines de sa langue. Et oui, putain, c’était sexy.

Heureusement, Fielding avait une courte période de rémission. Mick embrassa le pudding qu’était devenu son petit-ami et alla prendre la douche la plus intense et rapide de l’histoire. Son sexe était toujours dressé quand il retourna dans la chambre cinq minutes plus tard, propre et réchauffé. Fielding était agenouillé sur le lit, les mains sur les hanches.

 Mon tour, menaça-t-il dans un grognement enthousiaste.

Et il se mit à manger Mick tout cru.

Mick adorait cet Euclide.

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***

Preuve #3

La troisième preuve arriva dans la boîte mail de Mick, mais il ne comprit pas tout de suite ce que c’était. C’était le vendredi 12 décembre, et il travaillait à la Huche à Pain. Il y avait tellement peu de monde aux sandwichs qu’il s’était mis à vérifier ses emails sur son téléphone. L’un d’entre eux venait de l’administration financière de l’université.

Mick craignait l’administration financière comme la peste. Elle était pour lui comme le corbeau du poème de Poe – tapie dans l’ombre, menaçante, attendant son heure. Il ouvrit donc l’email avec appréhension, s’attendant à trouver un avertissement sur la hausse des frais de scolarité. Mais ce ne fut pas le cas.

Il n’avait pas vraiment le temps de faire grand chose de cette information, à part la mettre de côté comme une… potentielle bonne surprise ? une erreur ? jusqu’à ce qu’il soit rentré chez lui ce soir-là.

— Il s’est passé un truc bizarre aujourd’hui, dit-il à Fielding par-dessus leur salade César.

Ils étaient installés à la petite table du salon, et il faisait déjà nuit noire dehors. La guirlande de Noël qu’ils avaient installée au-dessus de la fenêtre de la cuisine clignotait gaiement.

— Il y a eu la plus grande éruption solaire depuis dix ans, mais j’imagine que ce n’est pas de ça que tu veux parler.

— En effet, sourit Mick. C’est pas ce dont je veux parler.

— Et donc… ?

Mick sortit son téléphone.

— Regarde ça, dit-il en ouvrant l’email.

— Ah, répondit Fielding en rougissant. Tra-la-la ?

Mick sentit un poids lui tomber sur l’estomac et perdit soudain toute trace d’appétit. Il reposa sa fourchette et demanda, d’un ton qu’il essaya de garder calme :

— Qu’est-ce que tu veux dire, exactement ?

Son ton devait néanmoins avoir quelque chose d’agressif, parce que Fielding répondit avec un débit rapide :

— Le troisième côté du triangle euclidien est l’amour. Comment créer une preuve qui représente l’amour, un concept intangible ? J’ai décidé que la principale qualité de l’amour, c’est qu’il est désintéressé.

— Fielding…

— L’amour, c’est faire attention au bien-être de l’autre, et le soutenir dans cette direction, parce que c’est aussi important, voire plus important, que ton propre bien-être. Parce que quand tu aimes quelqu’un, si cette personne souffre, ou est fatiguée, ou stressée, toi aussi tu souffres, ou es fatigué, ou stressé.

Mick reprit le téléphone resté sur la table et jeta un regard à l’écran.

— Qu’est-ce que ça a à voir avec les mille sept cent quatre-vingt-cinq dollars de crédit sur mon compte des frais de scolarité ?

Fielding eut une moue butée.

— Tu travailles trop. Tu travailles à la Huche à Pain, et à la salle de sport, et tu prends un cours de plus chaque semestre pour pouvoir passer ton diplôme plus tôt. C’est un fardeau trop lourd à porter.

— Je le porte très bien ! s’écria Mick, sentant une boule de colère et de malaise gonfler dans sa poitrine.

— Je sais que tu aimes travailler à la salle de sport. Mais la Huche à Pain, c’est juste un petit boulot. Tu y es payé 8,25 dollars par heure, et tu y travailles dix heures par semaine. Entre le mois de janvier et le mois de mai, à la fin du semestre, tu travailles vingt-et-une semaines. En conclusion, tu gagnes mille sept cent quatre-vingt-cinq dollars à ce boulot, avant impôt. Maintenant, tu as l’argent, donc tu peux quitter la Huche à Pain et jongler avec un emploi de moins le semestre prochain.

Fielding devait avoir l’impression d’avoir défendu son cas de manière satisfaisante, puisqu’il reprit sa fourchette et la planta dans sa salade.

Et c’était adorable, vraiment. Mais c’était aussi une mauvaise idée.

— Fielding… tu ne peux pas me donner deux mille dollars comme ça.

Fielding fronça les sourcils.

— Je ne te donne pas deux mille dollars, ni même mille sept cent quatre-vingt-cinq dollars : je te donne dix heures par semaine de temps libre au prochain semestre, que tu pourras utiliser pour étudier, te détendre, ou bien faire sauvagement l’amour à ton petit-ami – qui est moi-même. C’est donc également dans mon intérêt.

Doux Jésus. Mick se sentait tiraillé à l’intérieur, comme si son subconscient était le théâtre d’une bataille épique à la Game of Thrones, entre un bon côté qui voulait être noble et refuser le cadeau, et un mauvais, qui le convoitait comme le Saint Graal.

— Fielding, dit fermement Mick. Je ne peux pas prendre ton argent. J’apprécie l’intention, mais, sérieusement…

Fielding repoussa sa chaise et se redressa, les poings crispés contre son corps et l’air énervé.

— Est-ce que tu es conscient que j’ai droit à une bourse totale, ici, à Cornell ? Mes parents ne payent rien en frais de scolarité. Mon Pater a payé des dizaines de milliers d’euros pour des écoles privées depuis la maternelle, alors actuellement, il se sent probablement inutile et ne comprend pas que je lui coûte aussi peu.

— Mais c’est ton père, pas…

— Et ce boulot de tutorat que je fais depuis septembre ? Il paye en crédit sur les frais de scolarité, ce dont je n’ai pas besoin. Donc j’ai fait transférer ce crédit de mon compte au tien. Subséquemment, ce n’est pas l’argent de mon père, merci beaucoup. C’est mon propre argent, pour lequel j’ai travaillé, et je n’en ai pas besoin, et même si j’avais un jour besoin de payer des frais de scolarité, mon père s’en chargerait, alors maintenant, tais-toi.

Fielding se rassit et planta rageusement sa fourchette dans un morceau de poulet, l’air furieux et abattu à la fois. Mick se sentit coupable. Et légèrement amusé par l’explosion de Fielding. Ce qui le fit se sentir encore plus coupable. Et touché.

Peut-être qu’il était plus difficile de recevoir que de donner, particulièrement pour Mick et son ego, mais ça ne voulait pas dire qu’il n’était pas capable d’apprendre. Pour Fielding, il aurait pu apprendre n’importe quoi. Il reposa sa serviette sur la table, se leva et alla s’agenouiller aux pieds de Fielding.

— C’est la chose la plus chouette, adorable et pratique que quelqu’un ait jamais fait pour moi. M’offrir du temps. J’adore.

Fielding renifla et tourna la tête vers lui.

— Sérieusement ?

— Oui. Et c’est une parfaite preuve d’amour.

Une étincelle apparut au fond des yeux de Fielding.

— C’était une preuve difficile à démontrer.

— Ça l’était, mais tu y es arrivé. Viens.

C’était un peu inconfortable, parce que, même assis, Fielding était grand, mais ils arrivèrent à s’embrasser même si Mick resta à genoux. Néanmoins, ils transportèrent rapidement leurs câlins sur le canapé – et tant pis pour la salade.

— Mais alors, au final, c’était quoi, toutes ces preuves du triangle euclidien ? demanda Mick alors qu’ils ressemblaient tous les deux à de la gelée. L’amitié, le sexe, l’amour : ça donne… ?

Fielding recula pour pouvoir regarder Mick dans les yeux.

— Je voulais prouver que notre relation était comme un triangle euclidien. Parce qu’un triangle euclidien possède une symétrie infinie.

Mick prit quelques instants pour y réfléchir, à ça et à l’étincelle très Fieldingienne dans les yeux bruns de son petit ami. Une symétrie infinie. Ouais. Waouh. Ça… ressemblait à lui et à Fielding ? Vraiment ? Vraiment. Et, honnêtement, qui aurait cru que Fielding pouvait être aussi romantique ?

— Une symétrie infinie. J’aime cette idée, finit-il par murmurer.

— Bien sûr, tout cela mène, de manière tordue, à ton véritable cadeau de Noël.

— Oh, et c’est quoi ? demanda Mick.

— Tu verras, sourit Fielding.

Fin

Joyeux Noël tout le monde !

Eli Easton.

[1]   En français dans le texte

 

 

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3 réflexions sur“ Bonus : Fielding’s fa-la-la (Pour une branche de gui)

  • Audrey Hara
    Audrey Hara
    24 December 2015 17 h 54 min

    Est-ce qu'on pourra retrouver ce bonus ainsi que celui d'Entre ses griffes sur Amazon comme c'est le cas pour les autres (Les chroniques de Ren, Deuxième Chance, Stigmata...) ? Merci beaucoup pour tous ces bonus :)

  • Perrine
    Perrine
    30 December 2015 11 h 23 min

    Adorable. C'est juste génial de rentrer dans la tête de Fielding comme ça. Je crois que j'ai un faible pour les scientifiques maintenant. Merci pour ce bonus !

  • Jessica
    Jessica
    6 January 2017 20 h 39 min

    J'ai adoré ce bonus :-) Fielding est juste génial ! Merci :-)

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