le chant du corbeau

TJ Klune, auteur de la série Le Clan Bennett, dont nous avons publié le premier tome « Le chant du loup » en décembre 2016, va mettre en ligne 8 articles en attendant la publication en VO du second tome, « Le chant du corbeau ». Nous avons décidé de les traduire et de vous les partager.
Si vous n’avez pas encore lu les précédents articles, ils sont disponibles ici !

C’est pour bientôt, hein ? Je me suis éclaté à écrire ces articles menant à la sortie, même si je sais que beaucoup d’entre vous (comme moi) veulent simplement que ce PUTAIN DE LIVRE SORTE ENFIN !!!

Ça va passer très vite, vous verrez. Promis.

En réfléchissant à ce que je voulais faire pour l’article de cette semaine, j’ai repensé aux réponses que j’ai eues sur des articles précédents concernant ce livre et d’autres. Une chose qui m’a frappé est le nombre de personnes qui apprécient le coup d’œil en « coulisses » pour savoir ce qui se passe pendant le processus d’écriture. C’est beaucoup plus de travail que les lecteurs semblent parfois l’imaginer. Il y a l’écriture du livre en lui-même, puis la bêta-lecture, puis des mois et des mois et des mois de travail éditorial, puis ensuite la relecture de la version éditée, et enfin l’épreuve (ce à quoi le livre ressemblera dans sa forme finale). Il y a des hauts et des bas à chaque étape, et cela commence avec le premier round de travail éditorial, qui est toujours un haut pour moi, jusqu’à la toute dernière lecture où, à ce moment-là, j’en ai tellement marre de cette fichue histoire que je ne veux plus jamais la lire.

Mais aujourd’hui, je voulais me concentrer sur l’écriture elle-même de l’histoire avec une petite anecdote suivie de quelques exemples qui vous montrent à quel point mon cerveau peut être dingue.

Sur mon téléphone, j’ai une application « bloc-notes ». Elle me permet de me dicter des remarques, qui sont alors transformées en mots et sauvegardées afin de pouvoir les consulter plus tard. Des idées d’histoires/bouts d’intrigues me viennent à des moments les plus incongrus, et je peux me trouver en plein milieu d’une épicerie lorsque je pense à quelque chose que je dois absolument mettre dans un livre. Je vais alors sortir mon téléphone et me mettre à parler, créant la note afin d’y revenir plus tard. Imaginez-vous me croiser dans le magasin, murmurant à mon téléphone « Est-ce que les loups-garous ont des rapports sexuels quand ils sont transformés et, si oui, est-ce de la bestialité ? » ?

Oui. Ça se passe à peu près aussi bien que vous le pensez. J’ai appris à ignorer les regards que je récolte. Je maîtrise parfaitement l’écrivain excentrique.

Donc, j’ai ressorti le fichier de mes remarques sauvegardées pour « Le chant du corbeau » (il y en a 314 !) et en ai choisi quelques-unes pour vous montrer à quel point je vis ces livres et à quel point ils me rendent stupide. Les seules modifications que j’ai effectuées sont pour retirer les spoilers.

Note 16 : Tu as fait de Carter un trop gros con. Pourquoi fais-tu ça ? Arrange ça. Ça ne fonctionne pas comme il faut. Il ne dirait jamais ****.

Note 3 : Reviens en arrière et change la partie sur Joe et ce qu’il dit à Ox. Ça sonne super faux et Joe n’est pas aussi garce. Ou l’est-il ?

Note 27 : Ça, ça va énerver les gens, mais tu dois*****. Qu’ils aillent au diable, non ? Ils ne font que soutenir ton gagne-pain.

Note 98 : Ajoute le fait que Gordo veuille **** avec ****. Ça aura davantage de sens si tu le fais maintenant plutôt que d’essayer de le faire rentrer par la suite. Crois-moi. Je suis toi.

Note 54 : Il est impossible de m’en sortir impunément avec ***** et **** à moins de le rendre crédible. Sinon, je suis foutu. Fais-le bien.

Note 107 : À quoi ressemblent les pénis des loups-garous ? Est-ce que c’est important, d’ailleurs ? Est-ce qu’un loup-garou sexy existe vraiment quand il est en loup ? Je n’aime pas ça.

Note 79 : Arrête de faire monologuer les gens. Arrange ça. Ce n’est pas Verania. Ça a l’air stupide. Arrange ça.

Note 115 : Aucun threesome entre loups-garous. Jamais. Salut, je suis un loup-garou. Je suis en trouple avec Chad et Brad. C’est stupide.

Note 206 : Carter ne devrait pas flirter avec tout ce qui bouge. Il n’est pas un loup-garou en chaleur. Reviens en arrière et change ****.

Note 227 : Rends **** et **** plus complexes. C’est nul comme c’est là.

Note 165 : Ils doivent hurler à la lune, là. Tout le monde a besoin de hurler à la lune, même les humains. Ce qui est ridicule.

Note 236 : Retrouve le nom de la mère de Gordo. J’ai oublié. Souviens-toi de le changer.

Note 238 : J’ai encore besoin de retrouver le nom de la mère de Gordo. N’oublie pas.

Note 247 : La mère de Gordo s’appelle *****.

Note 300 : Le moment où **** et **** vont à **** ne fonctionne pas. Réécris-le. Je sais que réécrire est chiant, mais fais-le quand même.

Et voilà ! C’est une partie de ce que c’est d’être écrivain. C’est se remettre en question, se réprimander, avoir la flemme d’arranger quelque chose et penser aux pénis des loups-garous.

Je ne voudrais pas que ce soit autrement.

Tj

TJ Klune, auteur de la série Le Clan Bennett, dont nous avons publié le premier tome « Le chant du loup » en décembre 2016, va mettre en ligne 8 articles en attendant la publication en VO du second tome, « Le chant du corbeau ». Nous avons décidé de les traduire et de vous les partager.
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Plus que trois semaines avant la sortie du « Chant du corbeau » (en VO, ndlt). Ça a été une longue attente, je sais, mais il est presque là. Je suis fier de vous présenter le premier chapitre dans son intégralité. DSP dévoile un extrait, mais il est incomplet. Il y a deux scènes cruciales supplémentaires qui parachèvent ce premier chapitre.

Aucun maternage : on saute immédiatement dans l’histoire, en commençant par une scène difficile du « Chant du loup » racontée du point de vue de Gordo. Si vous ne vous rappelez plus les événements du « Chant du loup », vous devriez envisager de le relire avant de plonger dans le livre suivant, puisque tout récapitulatif aurait été bizarre dans le récit.

Vous êtes prêts ?

Tj

 

Promesses

L’Alpha dit :

— Nous partons.

Ox se tenait près de l’encadrement de la porte, plus petit que je ne l’avais jamais vu. La peau sous ses yeux semblait bleutée.

Ça n’allait pas bien se passer. C’était le cas de tous les guet-apens.

— Quoi ? demanda Ox, les yeux légèrement plissés. Quand ?

— Demain.

— Tu sais que je ne peux pas encore partir.

Je touchai alors le corbeau sur mon avant-bras, sentant le battement d’ailes, l’impulsion de magie. Ça brûlait.

— Je dois rencontrer l’avocat de ma mère dans deux semaines pour prendre connaissance de ses dernières volontés. Il y a la maison et…

— Pas toi, Ox, dit Joe Bennett, assis derrière le bureau de son père.

De Thomas Bennett, il ne restait plus que des cendres.

Je vis le moment où les mots furent assimilés. La trahison fut sauvage et brutale dans son cœur déjà brisé.

— Et pas maman. Ni Mark.

Debout de chaque côté de Joe, Carter et Kelly Bennett remuaient, mal à l’aise. Je n’étais pas de la meute et ne l’avais plus été depuis très très longtemps, mais même moi, je pouvais sentir le grondement de colère qui les traversait. Pas contre Joe. Ni Ox. Ni quiconque dans la pièce. Ils avaient la vengeance dans le sang, le besoin de mettre en pièces à coups de griffes et de crocs. Ils étaient déjà perdus dans cette idée.

Et moi aussi. Seulement, Ox ne le savait pas encore.

— Alors juste toi, dit Ox. Et Carter. Kelly.

— Et Gordo.

Maintenant, il savait. Ox ne me regarda pas. Il aurait très bien pu n’y avoir qu’eux deux dans la pièce.

— Et Gordo. Où allez-vous ?

— Faire ce qui est juste.

— Rien de tout ça n’est juste, rétorqua Ox. Pourquoi ne m’en as-tu pas parlé ?

— Je t’en parle maintenant.

Oh, Joe ! Il devait savoir que ce n’était pas…

— Parce que ça, c’est ce qui est… où allez-vous ?

— Trouver Richard.

Autrefois, quand Ox était enfant, son bon à rien de père avait mis les voiles sans même jeter un simple coup d’œil par-dessus son épaule. Cela avait pris des semaines à Ox pour prendre le téléphone et m’appeler, mais il l’avait fait. Il avait parlé lentement, mais j’avais entendu la douleur dans chacun de ses mots alors qu’il me disait on ne s’en sort pas, qu’il voyait des lettres de la banque parlant de saisir la maison dans laquelle sa mère et lui vivaient sur ce vieux sentier familier.

Est-ce que je pourrais avoir un travail ? Nous avons besoin d’argent, et je ne peux pas la laisser perdre la maison. C’est tout ce qui nous reste. J’y arriverais, Gordo. Je ferais du bon boulot et je travaillerais pour toi pour toujours. Ça allait arriver de toute façon, alors autant le faire maintenant, non ? Nous pouvons le faire maintenant ? Je suis désolé. J’ai simplement besoin de le faire maintenant, parce que je dois être l’homme à présent.

C’était la voix d’un garçon perdu.

Et là, devant moi, le garçon perdu était de retour. Oh, bien sûr, il était plus grand maintenant, mais sa mère était sous terre, son Alpha, rien d’autre que de la fumée dans les étoiles, son compagnon, bon Dieu, lui plantant ses griffes dans le torse et tournant, tournant, tournant.

Je ne fis rien pour l’arrêter. C’était déjà trop tard. Pour nous tous.

— Pourquoi ? demanda Ox, sa voix se brisant en plein milieu.

Pourquoi, pourquoi, pourquoi.

Parce que Thomas était mort.

Parce qu’ils nous avaient volés.

Parce qu’ils étaient venus à Green Creek, Richard Collins et ses Oméga, avec leurs yeux violets dans l’obscurité, grognant tandis qu’ils arrivaient pour affronter le roi déchu.

J’avais fait ce que j’avais pu.

Ce n’était pas suffisant.

Il y avait un garçon, ce petit garçon même pas âgé de dix-huit ans, portant le poids de l’héritage de son père, le monstre de son enfance fait de chair. Ses yeux étaient rouge incandescent, et il ne connaissait que la vengeance. Elle pulsait à travers ses frères dans un cercle sans fin, nourrissant leur colère commune. Il était le petit prince transformé en roi furieux, et il avait eu besoin de mon aide.

Elizabeth Bennett ne disait rien, laissant tout cela arriver devant ses yeux. Reine silencieuse comme toujours, un châle autour de ses épaules, regardant cette fichue tragédie se dérouler. Je n’étais même pas sûr qu’elle soit vraiment là.

Et Mark, il…

Non. Pas lui. Pas maintenant.

Le passé était le passé.

Ils se disputèrent, montrant les crocs et grognant l’un contre l’autre. À tour de rôle, chacun mordant jusqu’à ce que l’autre saigne devant nous. Je comprenais Ox. La peur de perdre ceux qu’on aime. La peur d’une responsabilité qu’on n’a jamais demandée. La peur de s’entendre dire quelque chose qu’on n’a jamais voulu entendre.

Je comprenais Joe. Je ne le voulais pas, mais je le comprenais.

Nous pensons que c’était ton père, Gordo, chuchota Osmond. Nous pensons que Robert Livingstone a retrouvé une voie vers la magie et a brisé les barrières qui retenaient Richard Collins.

Oui. Je pensais que, plus que tous, je comprenais Joe.

— Tu ne peux pas diviser la meute, dit Ox.

Et oh Seigneur, il suppliait.

— Pas maintenant. Joe, tu es l’Alpha, bon sang ! Ils ont besoin de toi ici. Tous. Ensemble. Tu crois vraiment qu’ils vont être d’accord pour…

— Je le leur ai déjà dit il y a plusieurs jours, dit Joe.

Puis il grimaça.

— Merde.

Je fermai les yeux.

***

Il y eut ça :

— C’est n’importe quoi, Gordo.

— Oui.

— Et tu es d’accord avec ça.

— Quelqu’un doit s’assurer qu’il ne se tue pas.

— Et ce quelqu’un, c’est toi. Parce que tu es de la meute.

— Il semblerait.

— Par choix ?

— Je crois, oui.

Mais bien sûr, ce n’était pas aussi facile. Ça ne l’était jamais.

Et :

— Tu veux dire « pour le tuer ». Ça ne te dérange pas ?

— Bien sûr que ça me dérange, Ox. Mais Joe a raison. Nous ne pouvons pas laisser une telle chose arriver à quelqu’un d’autre. Richard voulait Thomas, mais combien de temps va-t-il mettre avant de s’en prendre à une autre meute, uniquement pour devenir un Alpha ? Combien de temps avant qu’il ne rassemble une autre foule de disciples, plus grande que la précédente ? La piste refroidit déjà. Nous devons y mettre fin pendant que nous le pouvons encore. Pour tout le monde. C’est de la vengeance pure et simple, mais c’est pour la bonne cause.

Je me demandai si je croyais à mes propres mensonges.

Finalement :

— Tu devrais lui parler. Avant de partir.

— À Joe ?

— À Mark.

— Ox…

— Et si tu ne revenais pas ? Veux-tu vraiment qu’il croie que tu t’en moques ? Parce que c’est tordu, mon vieux. Tu me connais. Mais parfois, je crois que tu oublies que je te connais tout autant. Peut-être même plus.

Eh merde !

***

Elle était debout dans la cuisine de la maison des Bennett, regardant par la fenêtre. Ses mains agrippaient le comptoir. Ses épaules étaient raides, et elle portait son deuil comme un linceul. Même si je n’avais plus voulu avoir aucun rapport avec les loups pendant des années, je savais toujours le respect qu’elle imposait. Elle était royale, qu’elle veuille l’être ou non.

Je me demandais si elle écoutait les loups chanter des chants que j’étais incapable d’entendre depuis longtemps.

— Gordo, dit-elle sans se retourner. Comment va-t-il ?

— Il est en colère.

— C’était prévisible.

— Vraiment ?

— Je suppose, répondit-elle paisiblement. Mais toi et moi sommes plus âgés. Peut-être pas plus sages, mais plus âgés. Tout ce que nous avons traversé, tout ce que nous avons vu, c’est juste… autre chose. Ox est un enfant. Nous l’avons protégé autant que nous le pouvions. Nous…

— Vous lui avez causé tout ça, dis-je avant de pouvoir m’en empêcher.

Les paroles furent lancées comme une grenade, et elles explosèrent en atterrissant à ses pieds.

— Si vous étiez restés loin de lui, si vous ne l’aviez pas mêlé à tout ça, il pourrait encore…

— Je suis désolée pour ce que nous t’avons fait, dit-elle.

Et je m’étranglai.

— Ce que ton père a fait. Il était… ce n’était pas juste. Ni bien. Aucun enfant ne devrait jamais traverser ce que tu as vécu.

— Et pourtant vous n’avez rien fait pour l’arrêter, dis-je amèrement. Toi, et Thomas, et Abel. Ma mère. Aucun de vous. Vous vous êtes uniquement souciés de ce que je pourrais être pour vous, pas de ce que cela signifierait pour moi. Ce que mon père m’a fait ne signifie rien pour vous. Et puis vous êtes partis…

— Tu as brisé les liens avec la meute.

— La plus facile des décisions que j’ai jamais prise.

— J’entends quand tu mens, Gordo. La magie ne peut pas couvrir les battements de ton cœur. Pas toujours. Pas quand c’est extrêmement important.

— Fichus loups-garous.

Puis :

— J’avais douze ans quand on a fait de moi le mage du clan Bennett. Ma mère était morte. Mon père avait disparu, mais malgré tout, Abel m’a tendu la main, et la seule raison pour laquelle j’ai accepté, c’était que je n’avais rien de mieux. Parce que je ne voulais pas rester seul. J’avais peur et…

— Tu ne l’as pas fait pour Abel.

Je la fixai du regard, les yeux plissés.

— De quoi est-ce que tu parles ?

Elle se tourna enfin et me regarda. Elle avait encore le châle autour de ses épaules. À un certain moment, elle avait relevé ses cheveux blonds en une queue de cheval, et certaines mèches s’étaient détachées, encadrant son visage. Ses yeux passèrent de bleu à orange, puis à nouveau bleu, étincelant faiblement. La plupart de ceux qui la regarderaient auraient cru qu’Elizabeth Bennett était faible et fragile à cet instant, mais je n’étais pas dupe. Elle était acculée dans un coin, l’endroit le plus dangereux pour un prédateur.

— Ce n’était pas pour Abel.

Ah. Alors c’était le jeu qu’elle voulait jouer.

— C’était mon devoir, dis-je.

— Ton père…

— Mon père a perdu le contrôle quand on lui a pris son ancre. Mon père s’est aligné avec…

— Nous avons tous eu un rôle à jouer, m’interrompit Elizabeth. Chacun d’entre nous. Nous avons fait des erreurs. Nous étions jeunes et stupides, et emplis d’une rage immense et terrible à cause de tout ce qu’on nous avait pris. Abel a fait ce qu’il pensait être bien à ce moment-là. Tout comme Thomas. Je fais ce que je pense être bien maintenant.

— Et pourtant tu n’as rien fait pour t’opposer à tes fils. Pour ne pas les laisser faire les mêmes erreurs que nous avons faites. Tu t’es soumise comme un chien dans cette pièce.

Elle ne releva pas l’insulte. À la place, elle dit :

— Et pas toi ?

Putain.

— Pourquoi ?

— Pourquoi quoi, Gordo ? Tu dois être plus précis.

— Pourquoi les laisses-tu partir ?

— Parce que nous étions jeunes et stupides autrefois, emplis d’une rage immense et terrible. Et à présent, elle leur a été transmise.

Elle soupira.

— Tu as déjà vécu ça. Tu l’as déjà traversé. C’est arrivé une fois. Et ça arrive de nouveau. J’ai foi en toi pour les aider à éviter les erreurs que nous avons faites.

— Je ne suis pas de la meute.

— Non, dit-elle.

Et ça n’aurait pas dû me blesser comme ça le fit.

— Mais c’est un choix que tu as fait. Tout comme nous sommes ici aujourd’hui à cause des choix que nous avons faits. Peut-être que tu as raison. Peut-être que si nous n’étions pas revenus, Ox serait…

— Humain ?

Ses yeux luisirent à nouveau.

— Thomas…

Je ricanai, l’interrompant.

— Il m’a dit que dalle. Mais c’est pas difficile à voir. Qu’est-ce qu’il est ?

— Je ne sais pas, admit-elle. Je ne pense pas que Thomas l’ait su non plus. Pas exactement. Mais Ox est… spécial. Différent. Il ne le voit pas encore. Et cela prendra probablement beaucoup de temps avant qu’il ne le voie. Je ne sais pas si c’est de la magie ou quelque chose de plus. Il n’est pas comme nous. Il n’est pas comme toi. Mais il n’est pas humain. Pas complètement. Il est plus, je crois. Que nous tous.

— Tu dois le protéger. J’ai renforcé les barrières du mieux que j’ai pu, mais tu dois…

— Il fait partie de la meute, Gordo. Il n’y a rien que je ne ferais pour la meute. Tu t’en souviens sûrement.

— Je l’ai fait pour Abel. Puis pour Thomas.

— Mensonge, dit-elle en redressant la tête. Mais tu y crois presque.

Je fis un pas en arrière.

— Je dois…

— Pourquoi ne peux-tu pas le dire ?

— Il n’y a rien à dire.

— Il t’aimait, dit-elle.

Et je ne l’avais jamais autant détestée.

— De tout son cœur. À la manière de tous les loups. Nous chantons et chantons et chantons jusqu’à ce que quelqu’un entende notre chant. Et tu l’as entendu. Tu as entendu. Tu ne l’as pas fait pour Abel ou pour Thomas, Gordo. Même à cette époque-là. Tu avais douze ans, mais tu savais. Tu étais de la meute.

— Putain ! m’écriai-je d’une voix rauque.

— Je sais, dit-elle, pas méchamment. Parfois les choses que nous avons le plus besoin d’entendre sont les choses que nous voulons le moins entendre. J’aimais mon mari, Gordo. Je l’aimerai pour toujours. Et il le savait. Même à la fin, même quand Richard…

Sa gorge se serra. Elle secoua la tête.

— Même à ce moment-là. Il savait. Il me manquera chaque jour jusqu’à ce que je puisse à nouveau me tenir à ses côtés, jusqu’à ce que je puisse voir son visage, son magnifique visage, et lui dire combien je suis en colère. Combien il est stupide. Combien c’est agréable de le revoir, et peut-il juste dire mon nom, s’il le veut bien.

Il y avait des larmes dans ses yeux, mais elles ne coulèrent pas.

— J’ai mal, Gordo. Je ne sais pas si cette douleur me quittera un jour. Mais il savait.

— Ce n’est pas pareil.

— Uniquement parce que tu le refuses. Il t’aimait. Il t’a donné son loup. Et puis tu le lui as rendu.

— Il a fait son choix. Et j’ai fait le mien. Je ne le voulais pas. Je ne voulais avoir rien à faire avec vous. Avec lui.

— Tu mens.

— Qu’est-ce que tu veux de moi ? demandai-je, ma voix emplie de colère. Qu’est-ce que tu peux bien vouloir, bon sang ?

— Thomas savait, répéta-t-elle. Même au seuil de la mort. Parce que je le lui ai dit. Parce que je le lui ai montré encore et encore. Je regrette beaucoup de choses dans ma vie. Mais je ne regretterai jamais Thomas Bennett.

Elle s’avança vers moi, ses pas lents mais assurés. Je tins bon, même lorsqu’elle plaça une main sur mon épaule, serrant fermement.

— Tu pars demain matin. Ne le regrette pas, Gordo. Parce que si les paroles ne sont pas prononcées, elles te hanteront le reste de ta vie.

Elle me contourna en me frôlant. Mais avant de quitter la cuisine, elle dit :

— Prends soin de mes fils, s’il te plaît. Je te les confie, Gordo. Si je découvre que tu as trahi cette confiance, ou si tu restes les bras croisés lorsqu’ils affronteront ce monstre, il n’y aura nulle part où tu pourras te cacher sans que je te retrouve. Je te mettrai en morceaux, et le regret que je ressentirai sera minime.

Puis elle partit.

***

Il était dehors sous le porche, le regard dans le vide, les mains croisées dans son dos. Autrefois, il était un garçon avec de jolis yeux bleus comme de la glace, le frère d’un futur roi. Aujourd’hui, il était un homme, endurci par les rigueurs du monde. Son frère avait disparu. Son Alpha partait. Il y avait du sang dans l’air, de la mort dans le vent.

Mark Bennett dit :

— Est-ce qu’elle va bien ?

Parce que, bien sûr, il savait que j’étais là. Les loups le savaient toujours. Surtout quand il s’agissait de leur…

— Non.

— Et toi ?

— Non.

Il ne se retourna pas. La lumière du porche se reflétait faiblement sur son crâne rasé. Il prit une profonde inspiration, ses épaules larges se soulevant et retombant. La peau de mes paumes me démangea.

— C’est étrange, tu ne trouves pas ?

Toujours ce connard énigmatique.

— Quoi donc ?

— Tu es parti une fois. Et te voilà, partant à nouveau.

Je me hérissai à cette remarque.

— Tu m’as quitté en premier.

— Et je suis revenu aussi souvent que j’ai pu.

— Ce n’était pas assez.

Mais ce n’était pas tout à fait vrai, n’est-ce pas ? Même pas un peu. Même si ma mère était morte depuis longtemps, son poison avait quand même coulé dans mes oreilles : les loups ont fait ça, les loups ont tout pris, ils le feront toujours parce que c’est dans leur nature. Ils ont menti, me disait-elle. Ils ont toujours menti.

Il laissa couler.

— Je sais.

— Ce n’est pas… je n’essaie pas de commencer quoi que ce soit, là.

— Tu ne le fais jamais.

Je pouvais entendre le sourire dans sa voix.

— Mark.

— Gordo.

— Va te faire foutre.

Il se tourna enfin, tout aussi séduisant que le jour de notre rencontre, même si j’étais un enfant et que je n’avais pas compris ce que cela signifiait. Il était grand et fort, et ses yeux avaient cette couleur bleu glacé qu’ils avaient toujours eue, intelligents et omniscients. Je n’avais aucun doute qu’il pouvait sentir la colère et le désespoir qui s’agitaient en moi, peu importe mes efforts pour essayer de les bloquer. Les liens entre nous étaient brisés et l’étaient depuis longtemps, mais il y avait toujours quelque chose , peu importe combien j’avais essayé de l’enfouir.

Il se passa une main sur le visage, ses doigts disparaissant dans cette barbe fournie. Je me souvenais du jour où il avait commencé à la laisser pousser à dix-sept ans, un truc épars dont je m’étais moqué sans cesse. J’eus un pincement au cœur, mais j’y étais habitué depuis. Ça ne voulait rien dire. Plus maintenant.

J’en étais presque convaincu.

Il fit retomber sa main et dit :

— Prends soin de toi, d’accord ?

Il me sourit d’un sourire fragile, puis se dirigea vers la porte de la maison des Bennett.

J’allais le laisser partir. J’allais le laisser passer juste à côté. Ce serait tout. Je ne le reverrais plus jusqu’à… jusqu’à. Il resterait ici, et je partirais, l’inverse de ce qui s’était passé autrefois.

J’allais le laisser partir, parce que ce serait la voie la plus facile. Malgré ce qui nous attendait.

Mais j’avais toujours été stupide quand il s’agissait de Mark Bennett.

Je tendis la main et lui attrapai le bras avant qu’il puisse me quitter.

Il s’arrêta.

Nous restâmes épaule contre épaule. Je regardais la route devant moi. Il regardait tout ce que nous allions laisser derrière.

Il attendit.

Nous respirâmes.

— Ce n’est pas… je ne peux pas…

— Non, chuchota-t-il. Je suppose que tu ne peux pas.

— Mark, dis-je d’une voix étranglée, cherchant désespérément quelque chose, n’importe quoi, à dire. Je… nous reviendrons. D’accord ? Nous…

— C’est une promesse ?

Oui.

— Je ne crois plus en tes promesses, dit-il. Je n’y crois plus depuis très longtemps. Fais attention à toi, Gordo. Prends soin de mes neveux.

Et puis il fut dans la maison, la porte se refermant derrière lui.

Je descendis les marches du porche sans regarder derrière moi.

***

J’étais assis dans le garage qui portait mon nom, une feuille de papier sur le bureau devant moi.

Ils ne comprendraient pas. Je les aimais, mais ils pouvaient être bêtes. Je devais dire quelque chose.

Je pris un vieux stylo Bic et me mis à écrire.

***

Je dois m’absenter quelque temps. Tanner, tu prends les rênes de l’atelier. Assure-toi d’envoyer les recettes au comptable. Il gérera les taxes. Ox a accès à tous les trucs bancaires, personnels et relatifs à l’atelier. Si tu as besoin de quoi que ce soit, vois avec lui. Si tu as besoin d’embaucher quelqu’un pour prendre le relais, fais-le, mais n’embauche pas n’importe qui. Nous avons travaillé trop dur pour en arriver là où nous en sommes. Chris et Rico, gérez les tâches quotidiennes. Je ne sais pas combien de temps ça va prendre, mais juste au cas où, vous devez vous soutenir mutuellement. Ox va avoir besoin de vous.

***

Ce n’était pas suffisant.

Ce ne serait jamais suffisant.

J’espérais qu’ils me pardonneraient. Un jour.

Mes doigts étaient tachés d’encre, laissant des traces sur le papier.

***

J’éteignis les lampes du garage.

Je restai planté dans le noir un long moment.

Je respirai l’odeur de sueur, de métal et d’huile.

***

Ce n’était pas tout à fait l’aube quand nous nous retrouvâmes sur le sentier qui menait aux maisons au bout du chemin. Carter et Kelly étaient installés dans le SUV, me regardant à travers le pare-brise tandis que j’avançais, un sac pendu à mon épaule.

Joe se tenait au milieu de la route. Sa tête était penchée en arrière, les yeux fermés tandis que ses narines frémissaient. Thomas m’avait dit une fois qu’être un Alpha signifiait qu’il était en phase avec tout ce qui se trouvait sur son territoire. Les gens. Les arbres. Le cerf dans la forêt, les plantes balayées par le vent. C’était tout pour un Alpha, une sensation profondément comblée de chez‑soi qu’on ne pouvait trouver nulle part ailleurs.

Je n’étais pas un Alpha. Je n’étais même pas un loup. Je n’avais jamais voulu l’être.

Je comprenais ce qu’il avait voulu dire. La magie était tout aussi imprégnée dans cet endroit que lui l’était. C’était différent, mais pas au point d’en être important. Il ressentait tout. Il ressentait le battement de cœur, le pouls du territoire qui s’étendait devant nous.

Green Creek avait été liée à ses sens.

Et elle était gravée dans ma peau.

Cela faisait mal de partir, et pas uniquement à cause de ceux que nous laissions derrière nous. Il y avait une attraction physique, que ressentaient un Alpha et un mage. Ça nous appelait, nous disant ici ici ici tu es ici ici ici tu restes parce que c’est chez toi c’est chez toi c’est…

— Est-ce que c’était toujours comme ça ? demanda Joe. Pour mon père ?

Je jetai un coup d’œil vers le SUV. Carter et Kelly nous regardaient intensément. Je savais qu’ils écoutaient. Je regardai à nouveau Joe, son visage relevé.

— Je crois, oui.

— Nous étions partis, pourtant. Pendant si longtemps.

— Il était l’Alpha. Pas juste pour toi. Pas juste pour ta meute. Mais pour tous. Et puis Richard…

— M’a enlevé.

— Oui.

Joe ouvrit les yeux. Ils ne flamboyaient pas.

— Je ne suis pas mon père.

— Je sais. Mais tu n’es pas censé l’être.

— Est-ce que tu es avec moi ?

J’hésitai. Je savais ce qu’il était en train de demander. Ce n’était pas formel, pas le moins du monde, mais il était un Alpha, et j’étais un mage sans meute.

Prends soin de mes neveux.

Je dis la seule chose que je pouvais dire.

— Oui.

Sa transformation se fit rapidement, son visage s’allongeant, sa peau se recouvrant de poils blancs, ses griffes poussant au bout de ses doigts. Et tandis que ses yeux s’enflammaient, il rejeta la tête en arrière et poussa le chant du loup.

TJ Klune, auteur de la série Le Clan Bennett, dont nous avons publié le premier tome « Le chant du loup » en décembre 2016, va mettre en ligne 8 articles en attendant la publication en VO du second tome, « Le chant du corbeau ». Nous avons décidé de les traduire et de vous les partager.
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Commençons par le commencement ! « Le chant du corbeau » est enfin disponible à la précommande (en VO, ndlt) chez Dreamspinner.

À présent, passons à l’article de cette semaine :

La bande originale

La musique m’accompagne toujours quand j’écris. J’ai tendance à faire des playlists pour chaque nouveau livre que je commence à écrire, rajoutant des titres au fur et à mesure jusqu’à ce que j’aie terminé. À la fin, je me retrouve normalement avec des playlists de plusieurs dizaines de titres.

« Le chant du corbeau » est un gros livre.

Ce qui signifie qu’il arrive avec beaucoup de chansons.

J’ai choisi 18 titres (sur 126 !) de ma playlist « Le chant du corbeau » qui illustrent parfaitement, je pense, l’histoire que je raconte. Je présente ces chansons dans l’ordre de narration du livre.

« Le chant du corbeau » est divisé en trois parties, bien que, techniquement, on puisse arguer qu’il y en a quatre au total : le chapitre d’ouverture, la section intitulée Trois ans Un mois Vingt-six jours, suivie par la section nommée Un an plus tard et la section finale, dont je tairai le nom ici. Pour la bande originale, je vais diviser en quatre parties.

La dernière section, tout comme la première, n’inclut qu’une seule chanson pour une bonne raison : elles ne contiennent toutes les deux qu’un seul chapitre. La dernière section en particulier ne fait que quelques pages. Et la chanson que j’ai choisie pour elle est un titre auquel je pensais depuis très longtemps. Elle est… bah…

Vous le découvrirez bien assez tôt quand vous l’écouterez. Prenez-en ce que vous voudrez.

Voici donc la bande originale, accompagnée de quelques paroles qui, à mon avis, correspondent bien à l’histoire du « Chant du corbeau ». Je laisse les chansons parler d’elles-mêmes ; toutefois, j’ai mis une note sur une chanson en particulier, car je trouve qu’elle est la meilleure du lot et qu’elle représente, en substance, Gordo et Mark.

 

IThe Beginning

 

Please Don’t Go Barcelona

If you want me to break down and give you the keys

I can do that but I can’t let you leave

 

II. Three Years One Month Twenty-Six Days

 

Black Eyes Radical Face

While I slept you crept in and pulled the rug right out from under me

Then the rain stole away and took the parts that kept me functioning

 

Muddy Waters LP

I will ask you for mercy, I will come to you blind

What you’ll see is the worst me, not the last of my kind

 

Remains Bastille vs. Rag N Bone Man vs. Skunk Anansie

From dusk to dawn, my unheard screams grow silent in defeat

I know you’re just a memory, but you used to taste so sweet

 

Human Rag N Bone Man

I’m only human after all

Don’t put your blame on me

 

Johnny Guitar Peggy Lee

What if you go, what if you stay, I love you

But if you’re cruel, you can be kind, I know

 

Three Cheers for Five Years (Acoustic) Mayday Parade

Inside I hope you know I’m dying with my heart beside me

In shattered pieces that may never be replaced

 

Come Back for Me Jaymes Young

Oh, whatever you do, don’t come back for me

After all I’ve bled for you, I can hardly breathe

 

Comin’ Home City and Colour

I thought you could never leave, I figured I was the one

But I understand sadness so I guess I should just hold my tongue

 

III. One Year Later

 

Howl Florence + the Machine

If you could only see the beast you’ve made of me

I held it in but now it seems you’ve set it running free

 

Krwling Linking Park featuring Aaron Lewis

There’s something inside me that pulls beneath the surface

Consuming, confusing

 

Start Again Red

What if I let you in? What if I make it right?

What if I give it up? What if I want to try?

 

It Has Begun Starset

We will face the odds against us

And run into the fear we run from

 

Light Sleeping At Last

May these words be the first to find your ears

The world is brighter than the sun now that you’re here

(Ma chanson préférée de toute la playlist. Oh bon sang, Light est exactement ce que j’imagine de Mark et Gordo. C’est le thème officieux de tout le livre. Je l’ai écouté en boucle pour certaines grosses grosses scènes.)

 

Warriors Imagine Dragons

Here we are, don’t turn away now

We are the warriors that built this town

 

Run Boy Run Woodkid

Tomorrow is another day and you won’t have to hide away

You’ll be a man, boy! But for now, it’s time to run

 

Oblivion Bastille

When you fall asleep with your head upon my shoulder

When you’re in my arms but you’ve gone somewhere deeper

 

IV.???

 

Your World Will Fail Les Friction

Your world will fail, my love, it’s far beyond repair

Your world will fail, my love, it’s already there.

 

La semaine prochaine : le premier chapitre complet du « Chant du corbeau ».

À la semaine prochaine,

Tj

TJ Klune, auteur de la série Le Clan Bennett, dont nous avons publié le premier tome « Le chant du loup » en décembre 2016, va mettre en ligne 8 articles en attendant la publication en VO du second tome, « Le chant du corbeau ». Nous avons décidé de les traduire et de vous les partager.
Si vous n’avez pas encore lu les précédents articles, ils sont disponibles ici !

Je ne me rappelle pas ce que c’était : un tweet, un e-mail ou une autre forme de message, mais un jour, une lectrice m’a écrit au sujet du « Chant du loup » pour dire que ce n’était pas réaliste que tout le monde soit gay.

Dans un livre qui parle de loups-garous.

Pas réaliste.

Dans un livre QUI PARLE de loups-garous.

Bonjour, et bienvenue dans le 4ème article dans lequel je vais vous dire pourquoi je me fiche que tout le monde soit gay ou pas (entre autres choses) dans cet univers imaginaire. Si vous n’avez pas lu les 3 articles précédents, revenez en arrière et commencez par le début.

C’est parti.

Bon. Je ne vais pas enrober les choses. Je n’ai pas de temps à perdre avec ce genre d’inepties hétérosexuelles dans la vie réelle (ma préférée ? « Je n’ai aucun problème avec les gays, mais je n’aime pas qu’ils apparaissent dans mon émission/livre ni qu’ils respirent ni qu’ils soient vivants. Arrêtez de me fourrer votre style de vie sous le nez. #MAGA ») Et je n’ai certainement pas de temps à perdre si quelqu’un trouve qu’il y a trop de personnages queer dans mes livres.

(Même si, pour être honnête, quand je lis ou regarde la télé/un film ou écoute de la musique ou sors voir le monde, je me dis souvent qu’il y a bien trop de personnages hétéros. Donc…)

Alors, débarrassons-nous de ce sujet : à moins que je sois explicite concernant la sexualité d’un personnage, les lecteurs du « Chant du corbeau » (ou de n’importe lequel de mes livres) devront supposer que ledit personnage est queer. Facile, non ? Sauf si vous voyez un mec profondément enfoncé dans un vagin, ou une nana disant qu’elle a envie de grimper un mec et de le chevaucher comme une montagne russe, ils sont gays. (Ou, même mieux, ils pourraient faire ces DEUX choses, parce que la bisexualité est un truc qui existe.)

(Bon sang, que ça a fait du bien de l’écrire. Et puis, les gens : ne soyez pas cette personne qui écrit aux auteurs pour se plaindre du « trop de gay ». Cela vous rend ridicule, et je n’hésiterai pas à me moquer.)

Passons à autre chose.

Thomas Bennett n’est pas Dieu. Thomas Bennett n’est pas le Jésus loup-garou. (Ça, c’est plutôt Ox.) Thomas Bennett est une personne faillible possédant de nombreux nombreux secrets et faces cachées.

J’ai une relation compliquée avec Thomas –  Gordo aussi, comme vous le verrez bientôt. Quand j’écrivais « Le chant du loup », j’ai fait de lui la personnalité dominante, et bien qu’il soit présent pendant moins de la moitié du livre, son ombre s’étend très loin. Il est l’Alpha. Le patriarche de cette meute. Un immense leader et, finalement, celui qui rachète, en quelque sorte, Ox.

Toutefois.

Il y a toute une histoire qui remonte bien avant « Le chant du loup », une histoire qui inclut Gordo. Nous voyons dans le premier livre que Gordo déteste les loups-garous, et semble particulièrement virulent envers Thomas et Mark. Et tout en étant heureux que les gens gravitent autour de Thomas et de sa relation avec Ox (à dessein), je savais qu’il y avait quelque chose de plus profond en jeu.

Thomas Bennett est extraordinairement faillible. Pour un homme mort (désolé pour ça… en gros), il a très certainement encore un grand rôle à jouer. (Et non, il n’y a aucune résurrection à l’horizon, donc oubliez ça tout de suite.) Je voulais explorer davantage sa relation avec Gordo, et la meute qu’il y avait autrefois. Il est sous-entendu dans « Le chant du loup » que la meute originelle a vécu une fin dévastatrice. Comment ? Pourquoi ? Qui ? Et que s’est-il passé pour que Gordo évite les loups-garous durant une bonne partie de sa vie ?

Ce point, tout comme la relation de Mark et Gordo, est le sujet central du « Chant du corbeau ». Ce n’est pas seulement une histoire d’amour entre deux hommes brisés, mais c’est aussi une histoire d’amour entre pères et fils, et combien le poids de leurs erreurs peut mettre une personne à terre. Ça parle de trouver une lumière au sein de la colère et la douleur, et finalement, avec un peu de chance, de trouver le pardon.

Et c’est tout.

C’est le dernier article que j’écrirai sur le contenu de l’histoire du « Chant du corbeau ».

Mais Tj, vous vous dites. Tu as dit que tu allais écrire des articles jusqu’à la sortie du livre !

Oh, je vais le faire. La semaine prochaine, nous ferons un petit détour par la révélation de la couverture et du synopsis de mon livre suivant, qui sortira en octobre. Je dois me prostituer, vous savez. Les factures ne se payent pas toutes seules. Et je suis sacrément fier de The Bones Beneath My Skin. Ça ressemble à un film d’action gay avec des flingues, des explosions et des types qui touchent des queues.

Après ça, en juillet, je ferai les choses un peu différemment. Nous aurons une BO officielle pour « Le chant du corbeau », des précommandes et probablement un autre extrait.

Si vous regardez les articles précédents (y compris celui-ci), vous remarquerez qu’il y a une chose dont je n’ai pas parlé : la relation de Mark et Gordo. Ne vous méprenez pas : ils sont le centre de ce livre. La raison pour laquelle je n’ai pas beaucoup parlé d’eux est que je veux que ce soit une surprise. Au cours des quatre dernières semaines à lire ces articles, vous avez peut-être cru, une ou deux fois, que je révélais beaucoup de choses. Croyez-moi quand je vous dis que j’ai à peine effleuré la surface du « Chant du corbeau ». De grosses choses arrivent, des choses monumentales qui vont changer le clan Bennett pour toujours. Lorsque vous aurez terminé, je veux que vous soyez abasourdis par l’histoire que vous viendrez de lire.

Donc… inspirez profondément. Le 31 juillet (date de sortie VO, ndlt) arrivera bien plus vite que vous ne le pensez. J’espère juste que vous êtes prêts.

À la semaine prochaine !

Tj

Et, bien sûr, un minuscule teaser :

Ne faites pas chier Jessie et son pied-de-biche. Ce sera la dernière chose que vous ferez.

TJ Klune, auteur de la série Le Clan Bennett, dont nous avons publié le premier tome « Le chant du loup » en décembre 2016, va mettre en ligne 8 articles à propos du second tome à venir cette année, « Le chant du corbeau ». Nous avons décidé de les traduire et de vous les partager.
Si vous n’avez pas encore lu les précédents articles, ils sont disponibles ici !

Spoilers sur l’histoire du « Chant du loup », alors soyez prudents si vous n’avez pas lu ce premier tome.

Il y a sept femmes différentes dans « Le chant du corbeau ».

Chacune d’elles est importante, peu importe la longueur de leur intervention.

Quand j’ai commencé à écrire « Le chant du loup », j’étais conscient des choix que j’allais faire concernant les femmes de la série. Trop souvent dans la romance M/M, les personnages féminins sont relégués au rang de meilleure amie pétillante ou de petite amie/épouse vengeresse qui sépare les personnages principaux.

Je suis probablement tombé moi-même dans ce trope avec « L’ours, la loutre et le moustique ». La mère de Bear et Ty était… ma foi. Si vous avez lu ce livre, vous savez ce qu’elle était. Et puis il y avait Anna, la petite amie de Bear. Une partie de moi aimerait avoir géré ça différemment, mais j’ai aimé le personnage qu’elle est devenue au fil de la série. Je me suis moi-même senti un peu peiné par la mère lorsqu’on arrive à « L’art de la respiration ». Ce n’était pas une bonne personne, loin de là ; mais j’aimerais croire que je la comprenais un peu mieux à la fin.

Toutefois, dans « Le chant du loup », j’ai voulu avoir des femmes qui soient aussi fortes que les personnages masculins.

En fin de compte, Maggie Calloway n’était pas une victime. Oui, elle a été assassinée par Richard Collins, mais elle est morte en luttant, tout comme Thomas Bennett. Son amour était intense et merveilleux, et ça a fait mal quand elle a disparu. Sans elle, je ne crois pas qu’Ox aurait été l’homme qu’il est. Bien sûr, il avait les Bennett, mais il a appris à rester debout grâce à sa mère.

Jessie était… eh bien… Elle était la petite amie qui s’est brièvement retrouvée entre les deux personnages principaux, même si lorsque Ox et elle étaient ensemble, Joe était bien trop jeune pour que cela implique réellement qu’elle les séparait. Mais tout le monde grandit un jour ou l’autre, et Jessie est devenue une part importante de la meute. Elle est devenue indépendante d’Ox, même si c’est à travers lui (et Chris) qu’ils se sont tous retrouvés liés à la meute.

Et Elizabeth. Ma reine. Je l’adore. Et je lui ai fait mal. Je serai honnête, quand j’ai écrit « Le chant du loup », j’ai dû m’interrompre après la mort de Thomas Bennett parce que j’avais écrit ce que Ox ressentait, mais que je n’avais pas nécessairement montré Elizabeth et son deuil. C’était une erreur ; une erreur que je savais qu’il fallait corriger immédiatement. Ce n’était pas juste de la laisser sur le carreau.

Ce qui m’amène au « Chant du corbeau ».

Elizabeth Bennett (et non, ce nom n’était pas intentionnel – ce n’est qu’après la parution du livre que quelqu’un a dit, oh, ce nom est familier –*soupire* ; en fait, elle a été la dernière de tous les Bennett à avoir un prénom, après le choix même du nom de famille) est la matriarche de la meute. Quand nous reviendrons au Green Creek du présent, nous la verrons aux commandes. J’avais peur de la voir en quelque sorte se fondre dans le décor, n’apparaissant que pour dispenser sa sagesse avant de disparaître à nouveau.

Alors dans les grandes lignes, j’ai écrit un arc complet pour elle, ce qu’elle faisait quand certains événements arrivaient, ce qu’elle avait dû ressentir. La difficulté quand on écrit dans une perspective particulière, c’est l’idée de raconter au lieu de montrer. Je ne suis pas aussi obsédé par ça que certaines personnes peuvent l’être (chacun ses goûts), mais j’avais conscience d’elle à chaque instant.

Et cela a été d’une grande aide que l’histoire de Gordo soit autant entremêlée à la sienne (et, bien sûr, celle de Thomas Bennett – mais je reviendrai sur lui la semaine prochaine). Même s’il ne l’admettra pas, je crois qu’Elizabeth connaît Gordo mieux que quiconque. L’histoire qu’ils partagent est une histoire remplie de douleurs et d’épreuves, mais ils se comprennent d’une manière à laquelle je ne m’attendais pas. Évidemment, Gordo ne s’y attend pas non plus, et c’était une révélation de les voir retrouver leur chemin l’un vers l’autre, après tout ce qui s’est passé (et dont vous apprendrez tout).

(Et souvenez-vous, Elizabeth aura sa propre histoire intitulée « Le chant de l’amour », publiée sur le blog (de Tj Klune, ndlt) le 1er septembre.)1

C’est pareil pour Jessie. Oui, c’est l’ex d’Ox. Oui, c’est la sœur de Chris. Mais j’avais besoin qu’elle se tienne debout toute seule, en particulier parce qu’elle est humaine. Elle ne possède pas de magie. Elle n’est pas un loup. Mais elle sait se défendre. En fait, c’est devenu une vraie teigne, comme vous le découvrirez bientôt. Vous vous rappelez le pied-de-biche d’Ox, celui qui contient de l’argent ? Il ne peut plus s’en servir, de toute évidence. Alors c’est Jessie qui en hérite, et bordel de merde, elle va botter plein de fesses, et faire remarquer leurs conneries aux hommes de la meute (et il y en a beaucoup. Les hommes sont stupides). Elle est souvent la voix de la raison, et fait partie de ce que Gordo (à son grand désarroi) nomme l’Équipe Humaine.

La troisième femme est quelqu’un que nous avons brièvement aperçu dans « Le chant du loup ».

L’Alpha suprême (temporaire).

Michelle Hughes.

En gros, elle reste une énigme, même si son rôle dans « Le chant du corbeau » est plus important qu’il ne l’était dans « Le chant du loup ». Certains verront en elle une méchante, et même si c’est juste, je ne sais pas si c’est vraiment exact. Et non, ce n’est pas la Grande Méchante du « Chant du corbeau ».

Elle est encore bien bien loin de Green Creek, mais ses actions dans « Le chant du corbeau » se répercuteront à travers toute la série. Ça ne signifie pas qu’elle est mauvaise, mais qu’elle fait ce qu’elle pense être juste. Et qu’elle ait raison ou non sera la grande question. Le pouvoir est enivrant, et vu sa position, elle en a eu un avant-goût. Que fera-t-elle pour garder ce pouvoir, si elle pense le devoir ?

Sept femmes.

Je vous ai parlé de trois d’entre elles.

Les quatre autres ?

L’une n’a aucun dialogue, mais elle est probablement le catalyseur de nombreuses grandes choses dans les deux livres restants.

La seconde est la mère de Gordo. Ce que vous avez lu brièvement dans « Le chant du loup » est un mensonge raconté par un homme en colère déterminé à tenir Ox loin des loups.

La troisième est… intéressante. Disons juste que Rico aura les mains occupées.

Et la quatrième ?

La quatrième doit être mon personnage préféré de toute cette série.

Parce qu’elle est la vraie méchante du « Chant du corbeau ». Son histoire avec le clan Bennett remonte bien plus loin que ce à quoi tout le monde s’attend. Et elle mettra les loups à genoux.

(Je suis vraiment un salaud, lolol)

La semaine prochaine, Gordo et Thomas Bennett : le bon, la bête et le truand.

Tj

Et le petit teaser:

La relation entre Carter et Kelly joue un rôle majeur, et Gordo se fera un nouvel ennemi à cause de ça et de ses actions.

***

1 Nous traduirons également « Le chant de l’amour » et nous la publierons par la suite ici-même.

TJ Klune, auteur de la série Le Clan Bennett, dont nous avons publié le premier tome « Le chant du loup » en décembre 2016, va mettre en ligne 8 articles à propos du second tome à venir cette année, « Le chant du corbeau ». Nous avons décidé de les traduire et de vous les partager.
Si vous n’avez pas encore lu le premier article, intitulé « Le chant du corbeau : retour à Green Creek », il est disponible ici !

Dans « Le chant du loup », Ox décrit les tatouages de Gordo comme étant des lignes, des courbes et des fleurs.

Dans « Le chant du loup », Ox décrit Gordo et Mark comme ayant « à peu près le même âge ».

C’est un mensonge.

En quelque sorte.

Laissez-moi vous expliquer.

« Le chant du loup » est raconté uniquement du point de vue d’Ox, avec sa façon de voir le monde qui l’entoure tandis qu’il grandit pour devenir l’Alpha qu’il ne pensait jamais devenir. Et comme il est le narrateur, nous prenons tout ce qu’il dit pour argent comptant.

Comme il se doit.

Sauf que…

Eh bien, il y a eu la plus infime des retcons1, du moins en ce qui concerne ces deux choses. J’ai eu une petite marge de manœuvre (comme me l’ont fait remarquer mes éditrices : une toute petite marge) pour rendre les choses… pas différentes, mais plus précises.

Gordo a effectivement des fleurs dans ses tatouages. Des roses, en fait. Et quand elles ne sont pas… en mouvement, elles sont nichées sous le tatouage du corbeau. C’est important.

En réalité, tous les tatouages sont importants, à cause de leur origine, et du comment, et du quand, et du pourquoi. Toutes ces questions trouveront leurs réponses, et bon sang, c’est rude. Même moi, en salaud que je suis, j’ai eu pitié de Gordo.

Mais c’est important pour sa magie, et les symboles gravés sur sa peau l’ont aidé à devenir l’homme qu’il est aujourd’hui, à la fois en bien et en mal.

La magie à Green Creek est différente de la magie de ma série « Lightning ». Dans ces livres-là, la magie est davantage un accomplissement volontaire, et même si la grosse grosse magie peut fatiguer son utilisateur (comme l’a démontré Sam à de nombreuses reprises), elle était malgré tout… bon, pas facile, mais pas vraiment difficile.

C’est différent pour les mages. La magie de cet univers-ci est éprouvante et violente. Elle épuise la personne et peut conduire à **CENSURÉ POUR CAUSE DE SPOILERS**, ce qui oblige Gordo à **CENSURÉ POUR CAUSE DE SPOILERS** et alors il explose et **CENSURÉ POUR CAUSE DE SPOILERS**.

(lolol.)

Cela va de pair avec la nature de ces livres : ce n’est pas censé être de la comédie comme la série « Lightning », malgré les moments de légèreté. Les choses ne peuvent pas être sombres et désespérées tout le temps, parce que ça devient une corvée à lire. Il y a un moment en particulier que j’adore, et cela se passe entre Joe, Kelly et Carter qui… redeviennent juste des gamins stupides pendant quelques instants. Gordo les regarde et ne se cache pas de lever les yeux au ciel, mais je trouve que ce moment est important. Vous comprendrez quand vous y arriverez. Carter ne devrait pas continuer à manger des burritos achetés dans une station-service.

Plus sérieusement, « Le chant du corbeau », en particulier, est crasse et poussière et détermination, tout comme j’ai décrit Gordo. Ces choses que peut faire un mage font mal, surtout aux plus hauts niveaux de magie. Et Gordo va être mis à l’épreuve d’une manière que je n’ai même pas commencé à effleurer dans « Le chant du loup ». Mais encore une fois, tout est une question de perception. Ce qu’Ox a vu n’est pas nécessairement ce que Gordo voit.

Ce qui amène au second sujet :

Gordo et Mark n’ont pas le même âge.

Mark a trois ans de plus que Gordo.

(Oui, je connais toutes leurs dates d’anniversaire, leurs années de naissance, et tout le reste. Non, je ne vais pas encore vous le dire.)

Au moment où le livre commence, et que nous sommes ramenés dans le présent, Gordo a 40 ans et Mark 43.

J’ai déclaré précédemment que « Le chant du corbeau » était plus douloureux que « Le chant du loup », bien que le ressenti puisse varier d’une personne à l’autre. Et même si je ne vais pas révéler exactement pourquoi, je dirai que je me suis identifié plus facilement à Gordo et Mark qu’à Ox et Joe. J’écris cet article le 6 juin 2018. J’ai eu 36 ans il y a quelques jours. Je comprends les difficultés à devenir plus vieux, quelque chose dont j’aurais ri il y a une dizaine d’années. Les petites choses que je peux balayer plus facilement qu’autrefois. Mais ce qui m’a frappé en écrivant « Le chant du corbeau », c’est combien j’étais plus proche en âge de Mark et Gordo que d’Ox et Joe, et l’histoire le montre. Non, je ne me suis pas transposé en tant que héros du livre, mais j’ai compris la rage de Gordo, plus que je ne l’aurais cru. Mais je pouvais aussi le voir depuis l’autre côté. C’est un casse-tête, et j’ai voulu l’explorer. Il y a toujours deux côtés à chaque histoire.

Les petites choses peuvent être oubliées.

Mais les grosses ? Ces blessures de longue durée qui ne semblent jamais cicatriser ? La trahison sous toutes ses formes ?

C’est ce sur quoi je voulais me focaliser ici dans « Le chant du corbeau ». Il y a une raison qui fait que Gordo est l’homme qu’il est, et elle est valable. Et putain, comme il est en colère ! En gros, il ne va pas rester ainsi, mais tout ne peut pas dépendre que de Mark pour changer ça. Il y a des dynamiques en jeu ici, des dynamiques entre Gordo et chaque membre de la meute. C’est une histoire d’amour entre Gordo et Mark. Mais c’est aussi une histoire de meute, et de la force des liens qui les unissent tous, même quand tout semble perdu. Tous les membres du clan Bennett vont avoir un rôle à jouer. Et je dis bien tout le monde.

La semaine prochaine : les femmes de Green Creek. Il y a sept femmes importantes dans « Le chant du corbeau », bien que certains rôles soient plus petits que d’autres. Je parlerai de trois femmes : Elizabeth, Jessie et Michelle Hughes, l’Alpha suprême.

À la semaine prochaine.

Tj

Un petit teaser… (ne regardez pas si vous voulez ne rien savoir par avance) :

Le grand méchant ?

Pas celui que vous croyez.

***

1 Le concept de continuité rétroactive (généralement désigné par le néologisme anglophone Retcon) désigne une altération de faits établis dans une œuvre de fiction antérieure par l’apport de nouveaux éléments explicatifs (source : Wikipédia).

Tj Klune, auteur de la série Le Clan Bennet, dont nous avons publié le premier tome « Le chant du loup » en décembre 2016, va mettre en ligne 8 articles à propos du second tome à venir cette année, « Le chant du corbeau ». Nous avons décidé de les traduire et de vous les partager.

Si vous vous lancez dans « Le chant du corbeau » en vous imaginant que ce sera exactement comme « Le chant du loup », vous allez être déçus.

Si vous vous lancez dans « Le chant du corbeau » en vous imaginant qu’il sera écrit exactement comme « Le chant du loup », vous allez être déçus.

J’ai fait ces deux erreurs quand j’ai commencé à écrire l’histoire de Gordo et Mark. Si ce n’est pas cassé, inutile de réparer, n’est-ce pas ?

Sauf que je n’ai jamais été ce genre d’écrivain. Je n’aime pas qu’un livre soit exactement comme un autre, même dans une série. Mais vu que ce livre-ci fait partie d’une série, il doit y avoir une sorte de pont entre les voix, surtout quand les narrateurs changent comme ils le font ici, puisqu’on passe d’Ox à Gordo.

Gordo n’est pas Ox.

Ox n’est pas Gordo.

« Le chant du corbeau » n’est pas une histoire sur le passage à l’âge adulte.

C’est une histoire sur je‑suis‑passé‑à‑l’âge‑adulte‑il‑y‑a‑bien‑longtemps‑et‑je‑suis‑désormais‑un-enfoiré‑d’adulte.

Au départ, j’ai vivement essayé de faire en sorte que Gordo parle comme Ox, essayé de raconter l’histoire de la même manière, et c’était horrible. Il m’a fallu plus de temps que je ne voulais l’admettre pour me rendre compte de ce qui n’allait pas, mais une fois fait, j’ai réalisé que j’étais inauthentique envers Gordon Livingstone en tant que personnage.

Alors j’ai fait marche arrière et j’ai laissé tomber une grosse partie de ce que j’avais déjà écrit, gardant la structure de base, mais réécrivant la majeure partie de ce qui était déjà là.

Et ça a été bien plus facile.

Il y avait un rythme poétique chez Ox et dans la façon dont il voyait le monde.

Gordo est crasse et poussière, franchise et impulsivité. Et sa voix m’a fait l’écrire ainsi. C’est encore un peu différent de ce que vous avez l’habitude de lire, mais il y a une vraie différence entre Ox et Gordo. Souvenez-vous-en.

Et vous devriez savoir que Gordo a de bonnes raisons d’être comme il est.

Je savais, alors même que j’écrivais « Le chant du loup », qu’il y avait une histoire entre les Livingstone et les Bennett. Je l’ai légèrement effleurée, mais tellement de choses fourmillaient en dessous que je savais que ça allait constituer une grosse part du « Chant du corbeau ». Je savais aussi que ça impliquait de retourner dans la jeunesse de Gordo, de voir comment et pourquoi il est devenu mage à un si jeune âge, et ce qu’il s’est passé pour qu’il déteste autant les Bennett comme il le fait dans « Le chant du loup ».

Et en même temps, il y avait cette tristement célèbre période sur laquelle je m’interrogeais aussi : trois ans, un mois, vingt-six jours.

« Le chant du loup » couvre un certain nombre d’années sur la totalité du livre.

« Le chant du corbeau » en couvre davantage, mais sur un laps de temps plus court. Le premier quart du livre alterne entre Gordo enfant et Gordo accompagnant Carter, Kelly et Joe pendant qu’ils chassent Richard Collins. C’est désorientant, de passer de l’enfant qu’il était à l’homme qu’il est devenu, mais c’est volontaire. Il y a des échos du « Chant du loup » dans « Le chant du corbeau », puisque Gordo et Ox sont les deux faces d’une même pièce ; toutefois, rapidement, on arrive au virage serré qui les mène sur des chemins différents, leur permettant de devenir les hommes qu’ils sont. Ox est presque messianique. Gordo a été brisé par des personnes en qui il avait toute confiance, et les bouts restants ne s’assemblent plus aussi bien qu’avant.

L’histoire d’Ox parle d’espoir face à l’adversité.

Celle de Gordo parle de tragédie, et de lutte contre les ténèbres intérieures.

Mais ce n’est que la première partie du livre. Les trois autres ?

Elles couvrent une période de deux semaines.

« Le chant du loup » était rempli de hauts tonitruants et de bas des plus calmes.

« Le chant du corbeau » est un crescendo. Il démarre doucement, mais augmente au fil de l’histoire jusqu’au dernier cri final. Ça va être une fichue chevauchée sauvage. Vous ne devinerez jamais la fin.

(Et pour les puristes : « Le chant du loup » (pour moi) se terminait en HFN (happy for now, i.e. heureux pour l’instant) plutôt qu’en HEA (happily ever after, i.e. heureux pour toujours), vu qu’il restait encore tellement de choses en suspens. « Le chant du corbeau » est identique. Plusieurs choses sont résolues et Gordo et Mark seront… Gordo et Mark, mais il y a des fils conducteurs majeurs qui continueront dans les livres sur Kelly et Carter. Vous verrez bientôt pourquoi.)

Cet article est le premier d’une série de huit. Je ferai peu de spoilers, même si je risque de lancer quelques appâts dans chaque article.

Voici certains des sujets qui seront abordés :

– La relation compliquée de Gordo (et la mienne) avec Thomas Bennett

– Les femmes de Green Creek

– La bande originale du « Chant du corbeau »

– L’importance de la meutemeutemeute

– « Ennemis qui deviennent amants » vs « connards mal lunés qui deviennent amants » (devinez dans quelle catégorie se trouvent Gordo et Mark) et pourquoi le mal-être dans « Le chant du corbeau » est plus difficile pour moi qu’il ne l’a été dans « Le chant du loup »

– Pourquoi tout le monde à Green Creek pourrait être gay, et peu importe qu’on déteste ça

Tj

 

Un petit teaser… (ne regardez pas si vous voulez ne rien savoir par avance) :

Le couple non-romantique avec lequel je me suis le plus amusé dans « Le chant du corbeau » ?

Gordo et Robbie.

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