Le chant du corbeau : perception, magie et angoisse existentielle
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Le chant du corbeau : perception, magie et angoisse existentielle

TJ Klune, auteur de la série Le Clan Bennett, dont nous avons publié le premier tome « Le chant du loup » en décembre 2016, va mettre en ligne 8 articles à propos du second tome à venir cette année, « Le chant du corbeau ». Nous avons décidé de les traduire et de vous les partager.
Si vous n’avez pas encore lu le premier article, intitulé « Le chant du corbeau : retour à Green Creek », il est disponible ici !

Dans « Le chant du loup », Ox décrit les tatouages de Gordo comme étant des lignes, des courbes et des fleurs.

Dans « Le chant du loup », Ox décrit Gordo et Mark comme ayant « à peu près le même âge ».

C’est un mensonge.

En quelque sorte.

Laissez-moi vous expliquer.

« Le chant du loup » est raconté uniquement du point de vue d’Ox, avec sa façon de voir le monde qui l’entoure tandis qu’il grandit pour devenir l’Alpha qu’il ne pensait jamais devenir. Et comme il est le narrateur, nous prenons tout ce qu’il dit pour argent comptant.

Comme il se doit.

Sauf que…

Eh bien, il y a eu la plus infime des retcons1, du moins en ce qui concerne ces deux choses. J’ai eu une petite marge de manœuvre (comme me l’ont fait remarquer mes éditrices : une toute petite marge) pour rendre les choses… pas différentes, mais plus précises.

Gordo a effectivement des fleurs dans ses tatouages. Des roses, en fait. Et quand elles ne sont pas… en mouvement, elles sont nichées sous le tatouage du corbeau. C’est important.

En réalité, tous les tatouages sont importants, à cause de leur origine, et du comment, et du quand, et du pourquoi. Toutes ces questions trouveront leurs réponses, et bon sang, c’est rude. Même moi, en salaud que je suis, j’ai eu pitié de Gordo.

Mais c’est important pour sa magie, et les symboles gravés sur sa peau l’ont aidé à devenir l’homme qu’il est aujourd’hui, à la fois en bien et en mal.

La magie à Green Creek est différente de la magie de ma série « Lightning ». Dans ces livres-là, la magie est davantage un accomplissement volontaire, et même si la grosse grosse magie peut fatiguer son utilisateur (comme l’a démontré Sam à de nombreuses reprises), elle était malgré tout… bon, pas facile, mais pas vraiment difficile.

C’est différent pour les mages. La magie de cet univers-ci est éprouvante et violente. Elle épuise la personne et peut conduire à **CENSURÉ POUR CAUSE DE SPOILERS**, ce qui oblige Gordo à **CENSURÉ POUR CAUSE DE SPOILERS** et alors il explose et **CENSURÉ POUR CAUSE DE SPOILERS**.

(lolol.)

Cela va de pair avec la nature de ces livres : ce n’est pas censé être de la comédie comme la série « Lightning », malgré les moments de légèreté. Les choses ne peuvent pas être sombres et désespérées tout le temps, parce que ça devient une corvée à lire. Il y a un moment en particulier que j’adore, et cela se passe entre Joe, Kelly et Carter qui… redeviennent juste des gamins stupides pendant quelques instants. Gordo les regarde et ne se cache pas de lever les yeux au ciel, mais je trouve que ce moment est important. Vous comprendrez quand vous y arriverez. Carter ne devrait pas continuer à manger des burritos achetés dans une station-service.

Plus sérieusement, « Le chant du corbeau », en particulier, est crasse et poussière et détermination, tout comme j’ai décrit Gordo. Ces choses que peut faire un mage font mal, surtout aux plus hauts niveaux de magie. Et Gordo va être mis à l’épreuve d’une manière que je n’ai même pas commencé à effleurer dans « Le chant du loup ». Mais encore une fois, tout est une question de perception. Ce qu’Ox a vu n’est pas nécessairement ce que Gordo voit.

Ce qui amène au second sujet :

Gordo et Mark n’ont pas le même âge.

Mark a trois ans de plus que Gordo.

(Oui, je connais toutes leurs dates d’anniversaire, leurs années de naissance, et tout le reste. Non, je ne vais pas encore vous le dire.)

Au moment où le livre commence, et que nous sommes ramenés dans le présent, Gordo a 40 ans et Mark 43.

J’ai déclaré précédemment que « Le chant du corbeau » était plus douloureux que « Le chant du loup », bien que le ressenti puisse varier d’une personne à l’autre. Et même si je ne vais pas révéler exactement pourquoi, je dirai que je me suis identifié plus facilement à Gordo et Mark qu’à Ox et Joe. J’écris cet article le 6 juin 2018. J’ai eu 36 ans il y a quelques jours. Je comprends les difficultés à devenir plus vieux, quelque chose dont j’aurais ri il y a une dizaine d’années. Les petites choses que je peux balayer plus facilement qu’autrefois. Mais ce qui m’a frappé en écrivant « Le chant du corbeau », c’est combien j’étais plus proche en âge de Mark et Gordo que d’Ox et Joe, et l’histoire le montre. Non, je ne me suis pas transposé en tant que héros du livre, mais j’ai compris la rage de Gordo, plus que je ne l’aurais cru. Mais je pouvais aussi le voir depuis l’autre côté. C’est un casse-tête, et j’ai voulu l’explorer. Il y a toujours deux côtés à chaque histoire.

Les petites choses peuvent être oubliées.

Mais les grosses ? Ces blessures de longue durée qui ne semblent jamais cicatriser ? La trahison sous toutes ses formes ?

C’est ce sur quoi je voulais me focaliser ici dans « Le chant du corbeau ». Il y a une raison qui fait que Gordo est l’homme qu’il est, et elle est valable. Et putain, comme il est en colère ! En gros, il ne va pas rester ainsi, mais tout ne peut pas dépendre que de Mark pour changer ça. Il y a des dynamiques en jeu ici, des dynamiques entre Gordo et chaque membre de la meute. C’est une histoire d’amour entre Gordo et Mark. Mais c’est aussi une histoire de meute, et de la force des liens qui les unissent tous, même quand tout semble perdu. Tous les membres du clan Bennett vont avoir un rôle à jouer. Et je dis bien tout le monde.

La semaine prochaine : les femmes de Green Creek. Il y a sept femmes importantes dans « Le chant du corbeau », bien que certains rôles soient plus petits que d’autres. Je parlerai de trois femmes : Elizabeth, Jessie et Michelle Hughes, l’Alpha suprême.

À la semaine prochaine.

Tj

Un petit teaser… (ne regardez pas si vous voulez ne rien savoir par avance) :

Le grand méchant ?

Pas celui que vous croyez.

***

1 Le concept de continuité rétroactive (généralement désigné par le néologisme anglophone Retcon) désigne une altération de faits établis dans une œuvre de fiction antérieure par l’apport de nouveaux éléments explicatifs (source : Wikipédia).

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Une pensée sur“ Le chant du corbeau : perception, magie et angoisse existentielle

  • MaevaCerise
    MaevaCerise
    30 June 2018 18 h 27 min

    Je suis tellement impatiente ! Ces informations ne font que mettre de l'eau à la bouche. Par contre la série "Lightning" ? Je ne la connais pas. Est-elle traduite en France ?

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